L'ECCLESIASTE


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APOCALYSPE NOW*

SOCIETE

Beaucoup d’entre nous avons vu, l’un ou l’autre de ces films typiquement Américain, enrichis de nombreux effets spéciaux, proposant diverses versions de la fin du monde.
Cataclysmes divers et variés, collision d’un météorite, invasion d’extra terrestres, etc etc.
Qu’il est bon de se faire peur " pour rire".
Ces innocents spectacles ne sont pas sans rappeler les jeux antiques du cirque. S’ils étaient destinés évidemment à distraire la populace oisive de Rome, en canalisant sa violence, le pain et les jeux se révélaient un puissant anesthésiant devant les corruptions et les incapacités de la classe dirigeante, apaisant du même coup, par l’ivresse du loisir, les angoisses face à l’effondrement progressif de leur monde civilisé sous les coups de boutoirs barbares.




Au millieu du XVIIIè siècle les mouvements Milleristes *(encore des Américains…) annonçaient l’imminence de l’apocalypse et le retour de Jésus, les deux évènements étant, selon les évangiles, concomitants. La redécouverte des prophéties eschatologiques bibliques donna à chacune de ces églises naissantes diverses interprétations, bien que leurs divergences se limitèrent souvent à quelques détails.
Nombreux furent ils, ceux qui vécurent mal la déception de ne voir rien venir aux dates prévues et la terre continuant à tourner comme toujours, s’en retournèrent à leur vie commune, abandonnant parfois toute croyance en quoi que ce soit. Ainsi en est-il souvent des plus impétueux feux de paille.
Il y eut aussi les moqueurs et les critiqueurs car la raillerie est, depuis toujours, l’art absolu de la facilité des philosophes du "Wait and See" (attendre et voir venir).
Les années passèrent et le siècle en fit autant. La terre tourne toujours, fidèle au rythme cosmique de ses milliards d’années que nous pourrions qualifier d’éternité.
Pourtant, un petit reste d’entêtés du grand cataclysme universel résiste toujours à l’optimisme humain, à l’humanisme beat qui a cru longtemps que tout irait mieux demain, que les progrès de la science sauverait l’espèce et par les prodiges de l’eugénisme, créeraient une race supérieure capable de forcer même la porte de l’immortalité.


En parallèle, depuis quelques années, la pensée monolithique de l’homme " Maître et possesseur de la nature" (Descartes) connait quelques fissures. L’enthousiasme quasi général semble s’estomper notablement devant des réalités bien moins souriantes. L’entrée dans le 3è millénaire voit même renaitre les angoisses et les inquiétudes de fin du monde. Les écrivains et metteurs en scènes modernes s’en imposent, comme le firent les jeux romains, en parfaits témoins.
A tous ces prophètes de malheur, religieux ou non, viennent également s’ajouter, comme s’il n’y en avait pas assez, une autre espèce, bien plus rationnelle : Les alarmistes (au sens laudatif), sociaux, politiques, économiques, philosophiques et bien sur écologistes.
Forcement tout ce petit monde se retrouve, se récupère et toute révélation, tout commentaire renforce parfois spectaculairement une argumentation jusqu’alors brumeuse ou quelquefois même, fumeuse.
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MESSIEURS LES APOCALYPTICIENS VOUS N' ÊTES PLUS SEULS! ----------------

Je ne crois pas utile de dresser ici, la liste des dizaines d’ouvrages très sérieux, d’auteurs qui ne le sont pas moins, échafaudant des scénarios tragiques mais tellement réalistes sur l’issue de notre pauvre humanité.
Qui ignore encore l’insistance des discours catastrophiques mais pertinents des écologistes sur le réchauffement climatique, la pollution des océans, la destruction programmée de notre planète par l’inconsciente cupidité de ses habitants? Nombreux sommes nous à être troublés par le parallèle entre cette actualité et ces textes millénaires tirés du livre de l’Apocalypse: "Les hommes qui détruisent la terre…La mer devin rouge comme du sang et les animaux qui l’habitaient moururent….le soleil brûla les hommes qui périrent de chaleur" etc...

Si de tout temps nous pouvions traiter d’oiseaux de malheur les visionnaires, fantésistes et divers huluberlus qui au cours des deux dernier millénaires (particulièrement en l’an mille) auguraient, en raison de l’inconduite des hommes, la catastrophe planétaire finale, il nous faut reconnaitre que leurs oracles, quelque peu oubliés, se trouvent relayés par bien d’autres sirènes.
Ce ne sont plus les religieux où les romanciers qui nous effraient aujourd’hui mais des hommes rationnels, des scientifiques rigoureux à qui on ne peut reprocher de vouloir garder, mais pour combien de temps encore...les pieds bien sur terre.
Je ne tiens pas, à mon tour, à me lancer dans une argumentation "théo-écolo-philosophique" structurée et jeter ma pierre pessimiste dans la marre fangeuse de ce monde à la dérive. Ceux qui agitent ces épouvantails aujourd'hui, à juste titre semble t-il, sont si nombreux à présent qu’il faudrait être aveugle et sourd pour ne rien voir ni entendre. Mais chacun doit rester libre d’étudier ou non, d’épouser ou non telle ou telle cause.

Je ne suis pourtant pas adepte de la formule que l'on prête à Louis XV " après moi, le déluge" bien qu’à y regarder à deux fois je me dis que la terre peut continuer ses cycles le temps qu’elle voudra, que m’importe de savoir à quelle sauce nous serons mangés, l’évidence saute aux yeux, mon déluge à moi, ma fin du monde intime, mon apocalypse personnelle surviendra là où mes jours finiront.


Il est sidérant de considérer la disproportion entre le peu de réflexion des humains sur leur propre fin inéluctable et les ergotages en haut lieu sur celle de la planète, dont ils en ignorent l’échéance. Autant beaucoup s’angoissent devant le peu de solutions pour notre écosystème, autant rares sont les hommes qui considèrent la nature fragile et éphémère de leur vie. Il semblerait même que le catastrophisme médiatique soit l’antalgique moderne pour nos cerveaux encombrés. L’archéologie souligne l’intérêt des anciens quant à la préparation de leur " au-delà" et ce, de leur vivant. Les tombeaux construits par leurs soins en sont la preuve irréfutable. Il y avait en ces temps là, une vraie sagesse devant la mort qui paraissait ainsi moins effrayante que de nos jours où une grande majorité d’humain ne croit en rien, ne prépare rien et vit dans une douleur, aveugle et disproportionnée, cette loi irréversible de la nature.

Il faut reconnaître que nous recevons en direct et en continue une telle profusion d’informations préoccupantes voir effrayantes sur les drames grandissant de la société, de la politique, des finances, de l’environnement, que cette sombre surenchère en arrive à occulter même les préoccupations les plus personnelles. "À quoi servirait-il à un homme de sauver le monde s’il perdait son âme" disait le sage de l’évangile.
Ne pourrions nous pas revoir un tant soi peu l’échelle de nos spéculations et éviter ainsi la réflexion post mortem, "je ne m’y attendais pas", le jour où notre apocalypse personnelle sera soudainement et définitivement "now".




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Apocalypse Now : litteralement "apocalypse maintenant" où, " Voici l’apocalypse " titre d’un film américain sur la guerre du Viet Nam. Le mot apocalypse de nos jours a le sens erroné de destruction, fin du monde, cataclysme.
Or à l’origine (
le mot signifiant" révélation"), il s’agit d’un genre littéraire bien connu des monothéistes, juifs ( livre de Daniel) et chrétiens ( apocalypse de St Jean).
Ces écrits n'étaient comprehensibles que par les gens concernées gardant secrets les codes pour les décripter ( un peu comme le Da Vinci Code ).


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Milleriste : Adepte du mouvement de réveil évangélique lancé au XIXe siècle par le pasteur baptiste William Miller.

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