L'ECCLESIASTE


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Golgotha Picnic

ACTUALITE


Le spectacle fait de chacun un adepte toujours plus avide de sensations, de rêves, et d’oubli. Cette donnée est vérifiable partout et je crois que jamais le monde n’a été aussi friand de divertissements. Si le but de la mise en scène est assurément de divertir, elle peut également contribuer à être le vecteur d’une profonde réflexion.



Ainsi la pièce "Golgotha Picnic" de Rodrigo Garcia n’échappe pas à cette règle recherchée certainement par l’auteur: Être parmi les provocateurs qui dérangent, mettent mal à l’aise, remettent en question nos certitudes et pire encore, révèlent nos peurs et nos faiblesses.
Il est aisé de comparer ce dénoncé par les intégristes catholiques à celui qui accompagna la parution, fortement médiatisée, des caricatures de Mahomet de la part des intégristes musulmans. Je suis d’ailleurs certain, que les premiers ont été horrifiés de la réaction des seconds lors de ce brouhaha journalistique autour de l’affaire. Il y a des intégristes de tous bords prêts à en découdre dès que leur citadelle se fissure. Ma grand-mère disait "qui se sent morveux se mouche" indiquant par là, l’orgueil déplacé de certaines de nos réactions.

On se moque de ma croyance ou de ma pratique religieuse?
Mais il faut avouer que parfois, certaines croyances et pratiques prêtent à rire. non? Pour moi oui, c’est parfois le cas. Et je ne suis vraiment pas méchant du tout.
Quand je vois ces foules qui suivent hystériquement en pleurant une statue en bois de la vierge, ou pique-niquer sur des tombes, cela me fait sourire…
Quand je vois tous ces derrières en l’air bien alignés pour la prière dans une rue, cela me fait sourire…
Quand je vois tous ces rabbis Jacob se dandiner devant un mur, cela me fait sourire…
Quand je vois des hommes offrir des grains de maïs au dieu des moissons, des petits pains au démon d’une mine ou de l’eau à celui de la pluie, cela me fait sourire…
Quand je vois tous ces crédules superstitieux avides d’horoscope qui ont toujours peur que le ciel leur tombe sur la tête, cela me fait sourire…

Nous sommes bien au XXIe siècle! Que de rites confus et primitifs...
Mais bon, tout ne prête pas à rire me direz vous. Car il y a pire.
Lorsque des fondamentalistes protestants militent pour interdire l’enseignement de la théorie de l’évolution, cela m’inquiète.
Lorsque des musulmans lancent des grenades devant des cinémas ou incendient des églises, cela m’inquiète.
Lorsque des intégristes catholiques bloquent des rues afin d’empêcher des êtres libres d’aller au spectacle, cela m’inquiète.
Dès que l’agitation ou l’agression est employée pour conduire l’autre à faire ou croire comme moi, la preuve est ainsi donnée de la faiblesse de ma conduite ou de ma croyance. Celle ci n’est guère convaincante et de plus, finit par devenir en matière de spiritualité, parfaitement ignoble. Cette faiblesse est comparable à celle d’un enfant brisant rageusement son jeu de construction parce qu’il n’arrive pas à emboiter toutes les pièces.



Pour en revenir à l’image artistique, il faut reconnaitre et accepter définitivement qu’elle n’est pas le reflet de la réalité, jusqu’à traduire parfois le délire de son créateur. Je n’ai vu aucun horloger s’insurger devant les tableaux des montres molles de Salvador Dali et le Tartufe de Molière à fait rire bien des générations de chrétiens….

L’image artistique est donc fausse mais permet le vagabondage très personnel de notre imagination, sur l’espace temps à géométrie variable, cher à Dali ou à une saine réflexion quant à nos pratiques quelque peu hypocrite en matière morale ou religieuse.

L’artiste, rappelons-le, dans nos pays démocratiques, est libre dans ses créations. Le public est, lui, libre d’aller voir, d’apprécier ou non. Par contre interdire ou obliger l’accès à l’œuvre, quelle qu’en soient les raisons évoquées, est en contradiction avec l’article 27 de la déclaration universelle des droits de l’homme*.




Ainsi donc le délit, dans l’affaire de la pièce "Golgotha Picnic", n’est pas dans le camp de l’auteur ni du spectateur, mais assurément dans celui de l’empêcheur de se moquer en rond. Le délit de blasphème n’existe pas en France, laissons cela aux sociétés que ces agitateurs avérés condamnent généralement haut et fort. Il est si facile de dénoncer l’intolérance chez les autres. Le devoir d’une démocratie est de protéger la liberté d’expression de toute pression politique ou religieuse. De tout temps des hommes furent condamnés parce qu’ils dérangent.

Il me souvient de celui dont se flattent d’être les disciples, ces sectaires du goupillon qui, en cette circonstance, veulent tant en défendre l’image. Il apportait une vision spirituelle contraire à celle de son époque, de son milieu. Il enseignait le rejet des traditions prônées par les prêtres juifs. Il n’hésitait pas à corriger certaines lois parce que devenues inhumaines par l’intransigeance des hommes pieux.
"On vous enseigne qu’il faut haïr ses ennemis mais moi je vous dis de bénir ceux qui vous insultent". ( évangile selon Matthieu chap 5)
"Vous lapidez les adultères, mais le pardon est préférable" (évangile selon Jean chap 8)
"Vous savez qu’il ne faut pas tuer, mais si vous êtes coléreux et injurieux vous êtes déjà coupables" (évangile selon Matthieu chap)
Cet enseignement, jugé scandaleux pour les prêtres israélites au début de l’ère chrétienne, conduisit ces derniers à pousser leurs adeptes à manifester violemment devant le pouvoir politique de l’époque afin que soit "ôté" devant eux un tel prédicateur et un tel enseignement.
Les manifestants qui souhaitent le retrait de la pièce "Golgotha Picnic" utilisent ce même procédé qui eut pour résultat la crucifixion du trublion Jésus. Quand on n’a pas le bras armé dans sa poche on va le chercher auprès des autorités en créant de l’agitation.
Relire les évangiles serait, pour ces gens là, qui veulent le vivre, une véritable gifle bienfaisante. Mais sont-ils prêts à tendre la joue






SERAIENT ILS ENCORE NOMBREUX CEUX QUI CROIENT TOUJOURS QUE


LA CROYANCE PEUT PENETRER DANS LES ESPRITS


ET Y DEMEURE A COUP DE POING?

*Droits de l'homme : Article 27
1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.


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