L'ECCLESIASTE


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la guerre des mondes

ACTUALITE

Elle se lève tous les matins et se hâte de prendre le métro pour rejoindre l’hôtel de luxe où elle est employée depuis plusieurs années. Elle fait partie de cette armée d’ombres silencieuses au service des puissants, armée qui autrefois portait, il faut oser le dire, le nom de valets, domestiques, voir d’esclaves, corvéables à merci et ce, dans tous les domaines.




Mais si cette grande masse des travailleurs a "conquis" sa liberté, sa survie dépend encore de son labeur quotidien, parfois précaire et la pauvreté, l’indigence, menace toujours le gagne petit. La sécurité de nos sociétés s’abrite dans les coffres et s’apprécie en chiffres à multiples zéros plastronnant sur les comptes bancaires.
Cette " liberté " s’accompagne évidemment de droits et parmi ceux-ci, celui de travailler. Pour notre inconnue, émigrée africaine dans un monde de blanc, ce bénéfice fut durement acquis par une discipline, de discrétion, d’effacement, et surement par l’apprentissage de bonnes manières dignes du service auquel s’attend la clientèle fortunée, de bonne conduite sinon de haute moralité, évoluant au sein des palaces de cet acabit.



Elle pénètre ainsi tous les matins, à pas feutrés, dans un monde qui n’est pas le sien.
Derrière la porte de la suite dont elle a la charge, repose un des honorables maîtres de la finance, ayant droit de regard sur la gestion de la planète. Entre ses mains habiles passent d’immenses capitaux comblant des gouffres vertigineux, équilibrant les économies mondiale tout en veillant à l’accroissement de sa fortune personnelle. Ces mains, semblables pourtant à toutes les autres, amassent au fil des ans les superlatifs le plus inouïs en toutes choses.
Châteaux, avions, voitures, toilettes et bijoux…peut être notre employée a-t-elle parfois pensé, en rangeant un costume trois pièces, avoir entre ses mains un ou deux ans de son salaire si durement gagné...
De tous temps la grande masse nourrit l’élite de quelques possédants bénéficiant parfois pour seuls mérites, d'une bonne naissance, au bon endroit, dans la bonne famille.
Car ce monde, qu’elle côtoie par nécessité, elle n’en fera jamais partie, elle en restera totalement ignorée, du moins pense t- elle encore.

Vous avez évidemment deviné, dans ces deux mondes, les deux personnages que je ne nommerai pas, faisant la une de la presse depuis quelques jours proportionnellement à leur célébrité.
Je ne veux pas être de ces hyènes qui jouissent à la vue un géant abattu, se repaissent de l’étalage médiatique autour du prince blessé qui pourtant se défendra avec les armes dignes de sa culture… Faux témoignages, pièges, affabulation de la victime, jusqu’à ces fameux "arrangements" couchant en dernier lieu un tapis de billets verts sur dossier des plaignants.
Chez ces gens là, monsieur, on ose tout, monsieur, on ose tout. Le silence a un prix et certains plus que d’autres, peuvent se le permettre.
Je n’oublie pas non plus qu’un humain, que l'on croirait bonasse, peut être moralement perverti et jouer un rôle de victime, prêt à tous les mensonges pour sortir de l’ombre et connaitre une autre vie qui lui semblerait plus glorieuse. Chez ces gens là aussi on ose tout, l’appât du gain suit bien souvent des chemins sans scrupules.


Je ne me substituerai, ni aux enquêteurs ni aux juges, mon propos n’a d’autre intention que d’attirer uniquement le regard sur la violente collision de deux sociétés antagonistes, affrontement qui nous conduit bien au-delà de ce qui n’est encore que conjonctures.
Le chêne et le roseau.
Le pot de terre contre le pot de fer.
Le fort contre le faible.
L’orgueilleux contre l’humble.
Le tout pouvoir contre le tout subir.
A l’insignifiant, l’avocat commis d’office, au puissant le grand le ténor du barreau.
Au démuni la prison sordide, au nanti le quartier VIP, voir la résidence surveillée, privé.

Quel coup de tonnerre, ce futile petit grain de sable sorti de son Harlem méprisable grippant la belle mécanique du monde d’en haut!


Au delà de la fange à venir, qui sera sans nul doute pétrie à souhait durant des mois par les politiques et les medias, je n’ai qu’un espoir, constater que, contrairement à la fable de La Fontaine*, le jugement de la cour puisse rendre blanc ou noir en fonction, non d’une quelconque puissance, sociale, politique ou économique, face aux obscurs gens ordinaire, ni au nom du besoin d'assouvissement d'une revanche communautaire héréditaire, mais au titre de la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.


*Les animaux malades de la peste

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