L'ECCLESIASTE


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Lettre à un ami chrétien

SPIRITUALITE

A plusieurs reprises tu m’as fait part de ton inquiétude de me savoir n’appartenir à aucune dénomination religieuse ainsi que de l’annulation, suite à ma demande, de l’acte de mon baptême catholique. Voici donc la réponse à ton questionnement.
Après avoir effectué des études de théologie, je me suis pris de passion pour le sujet mais aussi pour l’histoire qui manifestement a fini par faire apparaître une vérité bien déroutante.
Depuis plus de 30 ans donc, je cherche et découvre, puis ajuste au mieux ma vie à ces révélations.
Voici en quelques lignes le résumé de l’histoire du christianisme telle que je la perçois afin que tu comprennes mes décisions.




Une fois achevée, autant que faire se peut, l’étude du nouveau testament, celui des témoins apostoliques, vint celle des écrits des pères de l’église. A travers leurs oeuvres, je découvris bien vite le temps des hésitations, des querelles, des décisions, de rajouts plus ou moins heureux, pour ne pas dire même d’hérésies.
Je ne peux les citer toutes, il y en a trop, celles-ci vont du concept de l’ immortalité de l'âme, supposée par Platon au IVè siecle avant JC et introduit dans la pensée chrétienne, dès le IIè siècle par Marcion (qui fut tout de même condamné pour hérésie bien que promoteur du canon des écritures ), à la vénération d’images et autres représentations en pierre ou en bois, d’êtres proclamés saints et adorables, sans oublier le culte marial, dès le IIe siècle, se substituant à celui bien plus ancien de l'image de la vierge à l'enfant égyptienne, Isis.

J’en passe donc, certainement des meilleures, mais si tu veux plus de précisions, il te suffit de demander. Je n’entrerai pas non plus en détail sur la liste des papes, anti papes, vicaires du Christ, dont il faut avouer que dans la grande majorité, ils furent des modèles de corruption, de prévarication et d’immoralité. Mais ils avaient de qui tenir puisque la fondation même de l’état du Vatican repose sur un des plus gros mensonges de l’histoire, la fausse donation de Constantin. Ce faux document, offrit un pouvoir temporel et un royaume à l’évêque de Rome. Faux et usage de faux, nous voilà partis bien loin de celui qui proclamait: " Mon royaume n’est pas de ce monde ".



Mais il est surtout un principe qui a écorché presque littéralement ma sensibilité durant des années, sur lequel je ne peux ni ne veux plus faire l’impasse.
De tous les messages christiques, le plus humain, le plus révolutionnaire, est certainement celui de la non violence.
Or s’il est une infidélité criante au message de son fondateur, c’est bien sur ce sujet que fut la plus abominable des trahisons. La violence est devenue un instrument de domination entre les mains de l’église.
Au nom de quelle loi, de quelle mission, de quel ordre divin les agneaux du troupeau du bon berger se sont transformés en loups dévorants… Oserais-je citer les paroles prophétiques de St Paul dans le livre des actes au chapitre 20 " Je sais qu’il s’introduira parmi vous des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau "….ou même celles de Jésus lui-même, rapportées par St Matthieu
" on vous livrera aux tourments à cause de mon nom ". Mais le summum de cette abominable perversion se trouve dans ce que toutes les tueries, commises par l’église, le furent au nom de son fondateur. Au nom du Christ, le débonnaire, les croisés massacrèrent toute la population de Jérusalem, celle de Béziers et de bien d’autres villes; au nom du Jésus non violent, l’inquisition tortura tant et tant d’innocentes victimes et alluma tant de bûchers; au nom du Messie, ordonnant d’aimer ses ennemis, des chrétiens ont persécuté d’autres chrétiens réalisant parfaitement la prophétie des "loups cruels n’épargnant pas le troupeau ". A l’égal du dieu Cronos le christianisme dévora ses propres enfants.

Un historien écrivit "Le char de l‘église laisse derrière lui une longue cicatrice sanglante souillant tout, jusqu’au mors des ses propres chevaux " (allusion probable à un texte de l’Apocalypse).
Lire les récits si peu évangéliques de l’histoire de l’église a de quoi remuer les trippes et briser les cœurs les plus endurcis. Là où tant ferment les yeux, porter et supporter ce passé est pour moi une réelle souffrance.

Quand je lis les massacres perpétrés par les troupes coloniales Françaises, j’ai honte de mes aïeux.
J’ai eu honte également
à cause de fait similaires,d’être toujours considéré comme catholique.
Aussi je m’en suis ouvert récemment auprès d’un responsable de cette institution religieuse m’inquiétant naïvement, alors qu’il est dans le vent de l’histoire de présenter ses excuses pour la shoah, l’esclavage, la colonisation, si le Vatican avait officiellement demandé pardon pour l'orchestration de tous ses crimes.
La réponse que je reçus fut en quelques mots celle-ci " Qui êtes vous pour vous permettre de juger et de remettre en cause l’œuvre de l’église "(sic) ( j’ai reçu le même genre de réponse d’un imam que j’interrogeais sur la violence de certains textes et pratiques coraniques). IL me semble bien pourtant que nier les actes de barbarie de la seconde guerre mondiale valut des procès très médiatisés à quelques révisionnistes.

C’est alors que j’ai pris la décision de demander au curé du village de mon enfance l’annulation de mon baptême catholique, un peu comme certains militants communistes ont déchiré la carte du parti, suite à la répression de l’URSS en Hongrie ou de l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968.
Non vraiment, je ne peux adhérer à une communauté, même auto proclamée universelle, dont l’infaillibilité de ses dirigeants couvre tant d’horreurs. " Qui ne dit mot consent " dit-on, dès lors ne pouvant balayer d’un revers de main ces " détails de l’histoire", ma démarche de rejet de ce christianisme là atteste, de la parfaite cohérence à la sensibilité de ma conscience. En conséquence de quoi j’ai reçu, le 4 avril 2011 de l’évêché de Carcassonne, la copie de l’enregistrement officiel de mon rejet de la foi catholique.

N’existe-t-il donc aucun un avenir pour le christianisme aujourd’hui?
Trouver une réponse nécessite d’abord de définir ce qu’est le christianisme. Loin de la caricature dogmatique qui nous fut proposée depuis deux millénaires, avec sa liste toujours plus complexe ou modifiée selon les temps et les circonstances de ce qu’il faut faire ou ne pas faire, revenir aux fondements originaux me parait la seule issue à sa sclérose ou son anéantissement. Cela me parait une œuvre sage et raisonnable pour tous ceux qui veulent bien concevoir le fond mais ont rejeté depuis longtemps la forme. Toute la pureté du "programme" évangélique s’offre dans sa simplicité par la lecture de trois petits chapitres de
l’évangile selon St Matthieu ( 5 à 7 ), nommés "sermon sur la montagne". Jamais aucun discours ne fut égalé par aucun législateur, philosophe ou religieux. Là vit l’essence du divin.



Malheureusement, force est de constater combien les hommes ont vite muré la noblesse de ce discours par tout un fatras de rites et croyances incompréhensibles venues de mille et une pratiques profanes pour ne pas dire païennes, achevant justement de noyer le bébé dans son bain.
L’homme du XXIè siècle ouvre les yeux sur tous les fiascos, politiques, économiques ou religieux; la soumission en des promesses trompeuses et des programmes proclamés vertueux, ne laisse qu’amertume devant les piètres bénéfices...L’homme reste un loup pour l’homme qu’il se confesse chrétien ou pas.
Le christianisme tel qu’il est proposé n’a pas changé le monde car il n’a pas changé l’homme et les églises se vident. Accepter de le découvrir enfin autrement, nécessite à l’intelligence et a l’esprit de se libérer de l’allégeance illégitime imposée par toute forme d’autorité religieuse.
Il vient un temps ou l’arbre n’a que faire de son tuteur.



Depuis quelques décennies un vent de liberté souffle sur les sociétés, même sur les plus verrouillées, il serait grand temps de redécouvrir le sens profond de ces paroles :
" Si l’évangile vous affranchi, vous serez vraiment libres". (évangile de Jean)
Tel est le crédo que je soutiens; il aiguise la conscience individuelle, responsabilise les réflexions, les choix et les actes personnels, conduit à la perception d’un dialogue intime avec le divin, l’Unique et le seul à l’égard de qui nous ayons à rendre compte de notre vie.



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