L'ECCLESIASTE


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Lettre à un ami musulman

SPIRITUALITE

Comme je te l’ai promis j’ai étudié avec rigueur et objectivité l’islam depuis trois ans maintenant.
J’ai lu trois fois le coran prenant des notes soulignant tel ou tel verset.
Puis j’ai découvert les hadiths par la sunna et enfin "Al Sirah" équivalant à ce que sont pour les chrétiens les évangiles, les paroles du prophète rapportées par ses compagnons. Grace à ce livre, j’ai compris le contexte et les circonstances des principales révélations coraniques.
Mais j’ai également consulté des documents historiques sur les peuples arabes pré et post islam ainsi que sur l’expansion de cette religion depuis son origine et toute la littérature musulmane que m’a aimablement envoyé l’institut du message islamique du Caire (une bonne dizaine de livres) sans oublier la majorité des ouvrages de la bibliothèque universitaire sur le sujet.
Voilà donc la réponse la question que tu m’as soumise suite à mon étude qui, m’as-tu dit, t’a impressionnée:
Pourquoi n’embrasses tu pas l’islam?


En étudiant le noble livre, j’ai pris le soin de relever les remarquables louanges envers le créateur et mes pensées débordaient de reconnaissance envers ce prophète méconnu qui appelait si puissamment l’homme à adorer Dieu. Bien sur je trouvais dans le livre quelques versets un peu vieillots mais avec certains auteurs musulmans modernes, je comprenais la nécessité de contextualité les évènements auxquels se rattachaient ces écrits.
Pour saisir parfaitement ces contextes il me fallait donc étudier "Al Sirah".
Les deux tomes traduits par Mahmoud Hussein, musulman irréprochable, présentent deux tableaux bien différents du prophète : La période Mecquoise puis Médinique.


Dans la première partie, habitant La Mecque, Mohammad "reçoit" le ministère prophétique, nous le découvrons humble et patient sous la contestation, la moquerie et finalement le rejet agressif de ses concitoyens. Dès lors, il ne doit son salut que dans la fuite avec une poignée de néophytes car les persécutions envers les premiers musulmans gagnent en virulence, leur message heurtant les us et coutumes païennes des clans. Cette expatriation pour Médine, où il trouve asile, nommée "Hégire" constitue l’an 1 du calendrier musulman. Nous voilà en 2011 de l’ère chrétienne, mais en 1432 de l’ère musulmane.
Peu à peu le groupe des premiers croyants s’étoffe à travers controverses et alliances jusqu’à élever la ville refuge au rang de première cité du monothéisme arabe et reconnaitre en Mohammad le chef incontesté de celle-ci. Nous sommes dans la période Médinique.
Le prophète jouit désormais des pleins pouvoirs et, comme le firent les israélites près de 2000 ans avant en conquérant Canaan, il va utiliser les armes pour étendre son pouvoir temporel mais aussi spirituel sur tous les peuples de la péninsule arabique. Le ciment de cette tâche sera la reconnaissance du Dieu unique, Allah, celui qui dispense victoire et butin.
Désormais c’est une lutte sans merci durant laquelle tous les coups sont permis.

Le prophète se pare de redoutables facultés guerrières, à l’instar d’Alexandre le Grand (qu’il auréole curieusement de vertus monothéistes…), de Jules César et autres glorieux propagateur de civilisation. Il devient instigateur d’assassinats d’opposants, rusé politicien, menteur, parjure, pillard, car selon la révélation qu’il reçoit, tout lui est permis déclare t-il lui-même. Ainsi à chaque victoire il épouse une esclave, une fille ou une parente du vaincu, sans limite dans le nombre est-il précisé par l'Ange Gabriel, il pille des caravanes (il faut bien enrichir les soldats) dont il prélève 5% qu’il utilise à son grés avec générosité envers les plus démunis, il faut lui accorder ce crédit. Il légifère sur le rapt et la rançon, autorise le viol des captives, et le récit que nous fait la Sirah de certains de ces amusements pourrait paraitre cocasse s’ils ne cachaient des drames. On le voit en effet se repentir alors que ses troupes se ruent sur les femmes et le bétail et ordonner de retirer par la force de "sous ses hommes" (sic) les captives qu’il rend à leurs époux en pleurs, proclamant la phrase magique de conversion les rendant intouchables : "Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mohammad est son prophète". Parfois même il se permet d’enfreindre ses propres ordres. On le voit ainsi, par vengeance, décapiter un prisonnier qui n’était pas le sien, ce qu’il avait rigoureusement interdit à tous.


Mais il est chef, divinement inspiré et gare aux contestataires, les têtes ne restaient guère longtemps sur les épaules…
C'étaient là, les historiens vous le diront, les douces mœurs arabes ( pas seulement) des temps jadis… Il est vrai qu’étudiant la période pré-islamique, il n’y est pareillement question que de razzia, expéditions punitives, vengeances, droit du sang, prises d’otages, etc. Ainsi le monothéisme musulman reprend à son compte pratiquement tous les us et coutumes païennes du monde arabique. Une fois les villes arabes réconciliées par la fraternité politico religieuse, le prosélytisme et la soif de butin va les conduire, à la manière des conquistadores, aux extrémités de la terre.

La subsistance des usages pré-islamiques se révèle en plus très nettement au sein des prescriptions religieuses. La Mecque, depuis longtemps ville de pèlerinage païen et la Kabba, temple aux diverses idoles et bétyles (pierres sacrées), demeurent, l’une comme l’autre, centre du pèlerinage et mosquée vers laquelle se dirigent les prières où subsiste en son sein la dernière pierre noire sacrée, symbole du Dieu unique.


Voilà donc, le plus objectivement possible, le résumé historique de l’unité arabe sous l’autorité de Mohammad le prophète.
Avant de répondre à la question posée par mon correspondant musulman, "pourquoi n’embrasses tu pas l’islam"? Je dois soumettre la seconde, accompagnant celle-ci.
Mohammad est-il le dernier prophète, comme il l’autoproclame, digne successeur de tous les prophètes venus avant lui comme il l’affirme?
Pour être un successeur sur un plan de l’idéologie, du style de vie, un héritier pourrions-nous dire, il nous faut impérativement confronter les différents personnages.
Le terme de prophète au sens propre du mot signifie celui qui annonce, "prédit" des faits ou évènements à venir. Si on étudie les grands prophètes bibliques Esaïe, Daniel, Elie, on ne peut que conclure que Mohammad fait piètre figure car je n’ai découvert aucune grande prophétie annonciatrice, mise à part celle concernant la fin des temps (voir la 3è guerre mondiale) mais dont l’enseignement fait polémique dans les rangs des croyants .

Je préfère lorsque Mohammad se déclare plus modestement "Messager de Dieu".
Nombreuses sont les paroles du messager donc, permettant, au chercheur que je suis, de penser qu’en effet, un authentique message spirituel s’ exhale à travers maintes édifiantes paroles.
Il confesse la bonté divine, la valeur du repentir et du pardon. Quel croyant peut mésestimer ces admirables tirades(parmi des centaines) : " La plus grande richesse est celle de l’âme, le plus beau des trésors est celui de la piété, la plus haute des sagesses est la crainte de Dieu" ( Hadith rapporté par Boukhari) Mais malheureusement la suite n’est pas de la même eau " La poésie est l’œuvre de Satan et la femme une passerelle du diable"….Vous apprécierez mesdames….
De l’enseignement du leader de l’islam naissent donc différentes perles… et ce mélange des genres me parait quelque peu indigeste. Que Dieu proclame la poésie œuvre impie, c’est, me semble t-il nier la créativité artistique de l’homme (parfois Mohammad s’en prends également aux dessins), c’est rejeter l’inspiration des psaumes bibliques, celles de cantiques et autres œuvres littéraires parmi lesquelles de sublimes poèmes d'auteurs arabos musulmans.

Après avoir survolé l’enseignement, voyons les actes de l’homme de Dieu.
Qu’ils soient prophètes ou simples conducteurs de "peuples élus", tous ont leurs lacunes et ils nous sont ainsi présentés afin que chacun puisse constater qu’ils étaient sujet aux faiblesses humaines et bénéficier de leurs erreurs comme sources d’enseignements.
Nous découvrons les uns et les autres menteurs, fraudeurs, traficoteurs, adultères, meurtriers.
Ma plus grande déception, ma plus grande tristesse, je l’avoue, je l’ai subie en lisant " Al Sirah". Le chef fondateur de l’islam est présenté, par ses compagnons, comme le chef de guerre décrit plus haut. Ses actes et celle de sa troupe, dignes de la soldatesque la plus bestiale, sont présentée non seulement comme les coutumes habituelles de ces peuples, mais avant chaque combat comme promesses de récompenses divines et cela m’apparut au fil des batailles, insupportable. Forcé de constater que, comme dans toutes les armées du monde, les hommes se comportent abominablement, les croisés chrétiens n'y manquèrent pas, je supporte déjà humainement très mal la chose, mais que cela soit présenté comme bienfait, récompense et bénédiction émanant du Dieu d’amour, non vraiment je ne puis l’accepter.

Lorsque Mohammad se présente à plusieurs reprises comme modèle à suivre "En effet vous avez dans le prophète un excellent modèle, etc…"( sourate Al Ahzab v 21) alors je dois admettre que les islamistes, ne font que marcher sur les pas de celui qui promet au nom d’Allah le paradis aux martyrs morts les armes à la main. Selon l’islam ils ne sont coupables de rien, bien au contraire. Dans la mentalité des tribus arabes, comme dans celle des peuples antiques, la victoire militaire est accordé au Dieu le plus fort et nombreux furent ceux qui, constatant la dévastation des villes polythéistes les unes après les autres, acceptèrent Allah, soit "par crainte de subir le pillage, soit dans le but de devenir eux même pilleurs" (sic, Al Sirah).

Ma dernière comparaison entre le Mohammad et les différents messagers inspirés, je l’ai faite avec celle d’un autre prophète, reconnu par les musulmans, Jésus.
J’ai toujours constaté chez les musulmans une très grande réticence à lire les évangiles.
Le coran martèle tellement fort que ce seul livre suffit, qu’il remplace tous les autres qui ont été a falcifiés ( falsifiés par qui, quand et pourquoi? je n’ai jamais eu de réponse), que cette propagande finit par devenir forte recommandation. Détourner la curiosité d’un chercheur, de quelque manière que ce soit, véhicule le principe du lavage de cerveau et déclanche toujours chez l'honnête intellectuel une chasse au trésor caché. En comparant la vie de Mohammad raconté par ses compagnons et celle de Jésus raconté par ses disciples, une vérité aveuglante saute aux yeux du lecteur. Aucune comparaison ne peut être trouvée entre l’apologiste du djihad armé, le bâtisseur d’empire théocratique et le champion par excellence de la non violence
proclamant " mon royaume n’est pas de ce monde" .

L’opposition à la fois du message mais aussi de la vie entre ces deux personnages devient une insulte criante aux yeux d’un musulman. Je comprends donc aisément les raisons pour lesquelles les imams jettent le discrédit sur les évangiles soit disant falsifiés. Leurs rédacteurs ont présenté un personnage d’une valeur morale et spirituelle jamais égalée. Que ce personnage soit réel, mythique, ou sublimé, tel n’est pas notre sujet, mais personne ne peut douter de la valeur de modèle de celui-ci. Il est évident que le modèle "musulman" donne, des lors que la comparaison est rendue possible, l’image opposé à l’idéal proposé par le Christ. De là à voir en Mohammad une image anti christique….il n’y a qu’un pas que beaucoup ont franchi et ce, depuis plusieurs siècles.


Je sais, le constat que je fais après tant d’études, est un outrage pour mes amis musulmans dont je respecte la piété. Il m’est pénible de les chagriner ainsi. J’ai tout tenté pour concilier Allah au Dieu monothéiste présenté dans les évangiles et mes deux articles précédants ont fort été appréciés par beaucoup d’entre eux.
Non vraiment, je n’embrasserai pas l’islam malgré les heures de recherches passées sur le sujet. Ce sont justement ces longues heures d’études (plus d'un millier) qui m’en ont dissuadé.
Mohammad messager de Dieu? Peut être fut-il choisi pour porter le monothéisme aux peuples arabes; Comme je le dis souvent, ce fut un progrès, mais peut être aussi à t-il faillit à sa mission en fuyant La Mecque pour Médine et devenant un chef politico religieux? Ce mélange des genres n’a jamais porté de bons fruits et les exemples bibliques de prophètes se détournant de leur mission sont nombreux et même prédits. Un professeur de théologie me disait un jour, "quelques paroles malveillantes peuvent corrompre le meilleur des enseignements; Boiriez-vous un grand verre de lait si j’y rajoutais seulement deux petites gouttes d’arsenic?"

S’il faut choisir un islam, il faut opter pour celui de La Mecque avant l’Hégire, au temps ou le messager n’a pas encore l’épée à la main et aucune parole d’homme de guerre. En ce temps là, comme cela est rapporté par ses proches dans La Sirah, il était instruit par un rabbin et un esclave chrétien… En concevant uniquement les exhortations hautement morales et spirituelles présentes dans la doctrine originelle musulmane tout en acceptant de contextualiser le modèle et ses ordres, alors l’islam peut légitimement trouver droit de cité dans notre monde. La voix d’intellectuels musulmans, comme Benhamou Badi (l’islam pour les temps modernes), portent ce message, mais bien peu de croyants l’entendent de cette oreille. L’attachement viscéral à la littéralité des textes et à leur auteur, message tambouriné par les écoles orthodoxes d’imams mumtazs (enseignants) entrave toute évolution vers une religion humaniste puisque dans bien des régions du monde (siège de ces écoles) cet archaïsme profite encore et toujours à de nombreux potentats qui rêvent d’établir sur terre enfin l’empire universel musulman.

" Savez-vous ce qui est encore meilleur que la charité, le jeûne et la prière? C’est de maintenir de bons rapports avec les gens, car les querelles et la rancœur détruisent l’humanité. " (Mouslim, Boukhari)

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