L'ECCLESIASTE


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Olé!

SOCIETE




La Catalogne avec Barcelone, matrone énergique, exubérante et prospère, affiche non sans raisons une forte volonté de modèle économique, social et culturel au reste de la péninsule Ibérique.
Ne dit-on pas d'ailleurs fièrement entre nous :
"Catala sempre deban" (catalans toujours premiers)
Le mois dernier deux informations nous sont parvenues de notre grande sœur du sud avangardiste.
La première fut présentée à la une des journaux ainsi qu’aux informations radio-télévisées.
La province Espagnole a proclamée l'abolition de la pratique de la corrida, à la grande stupéfaction de toute l'Espagne. Olé! se sont écriés tous les amis des bêtes des deux côtés de la frontière. Les "anti corridas" après des mois de pétitions, de manifestations et de défilés bruyants dans les rues de Barcelone, suivis souvent d’échauffourées avec les "aficionados" conservateurs, ont eu gain de cause auprès du parlement Barcelonais...

Il est vrai que ce spectacle folklorique sanglant, remontant aux mœurs antiques, demeure une injure par sa cruauté à nos sociétés aux mentalités sensibles, délicates et évoluées dont nous nous revendiquons et que nous envient de nombreux humains peinant sous d’autres cieux socialement et culturellement plus rudes, pratiquant encore linchages ou lapidations, autres spectacles outrageants.




Peu importe que le but final soit un objectif politique, il faudra bientôt trouver un pis aller à cette tradition. Le goût de la fête chez nos frères Catalans du sud y pourvoira surement. J’ai eu le rare privilège d’assister un jour à une course de taureaux au cours de laquelle il n’y eu aucune mise à mort ni banderilles sanguinolentes plantées sur le dos de l’animal. Tout le reste, les passes, la cape, les costumes, les chevaux et bien sur la musique ponctuée des "Olé" accompagnant les prouesses sportives des officiants, remplit l’arène d’une liesse bon enfant…On cessera ainsi de rire autour d’une tombe, comme le chante si bien Cabrel. Bravo ! Il peut y avoir un avenir à ce folklore et les taureaux connaitront peut être bientôt des jours meilleurs et vieilliront en admirant le futur TGV reliant nos régions, du moins dans les prairies au nord de Tarragone. On n’arrête pas le progrès.

La seconde information qui nous vint également de l’autre côte des Pyrénées, n’eut d’écho que l’indifférence générale
A la Jonquière, ville frontalière, la plus grande maison close d’Europe vient d’ouvrir ses portes…. 80% des clients seraient Français…parait-il. Deux cent jeunes filles se livrent depuis, dans un décor festif, au plus vieux métier du monde (dit-on), fort prisé déjà dans les sociétés antiques et archaïques dans lesquelles l’humain était à vendre comme un quelconque bétail.
Je ne sais s’il y a un rapport entre ces deux évènements mais personnellement j’en vois plusieurs. Sans être trivial, convenons avec humour que si l’homme, dans les deux cas achète quelques passes, dans l’arène il donne la mort, dans le bordel "l'amor" lui, n’est pas au rendez vous. Le jeu est bien faussé.


Je reste donc surpris de constater que, dans nos pays Européens, dans les quels les droits de l’homme nous conduisent, avec raison, à nous insurger contre des coutumes religieuses ancestrales et avilissantes envers les femmes, ainsi que celle d'exécutions publiques, nous connaissions encore cet esclavage millénaire, cette location légale, d’un humain à un autre humain au sein d’une entreprise commerciale parfaitement structurée. Aucune manifestation populaire, à caractère politique ni social ni moral, pas le moindre groupuscule d’opposant arpentant les avenues des cités ibériques brandissant des pancartes ou hurlant des slogans " abolissons l'esclavage sexuel"… ou rappelant plus poétiquement avec Aragon que "la femme est l’avenir de l’homme".

Doit-on rappeler, comme le fait voltaire dans "candide", la réelle détresse de la fille de joie si pétillante et souriante, à tous ceux qui banalisent cette pratique. Si la professionnelle du sexe, comme la nomment les pays nordiques, était une femme heureuse, qu'elle homme pousserait sa compagne où sa fille à entrer dans la glorieuse carrière?

Triste horizon, me semble t-il, ce retour des lupanars qui firent la renommée de Corinthe, Constantinople, Rome ou Pompéi.
Dans la recherche du moindre mal, lorsque l’on accepte qu’il soit déjà un cheminement vers le bien, quelques questions peuvent être légitimement posées :
Corrida ou prostitution, lequel de ces deux spectacles nous parait il le plus sordide et avilissant pour l’homme à la recherche de son épanouissement?
Abolition de centres de tauromachie, ouverture centre de prostitution, le quel de ces deux évènements nous semble plus proche de l’idéal humaniste?
Au train où évoluent les consciences, la putain de Sartre, aussi respectueuse soit-elle, à surement encore de beaux jours devant elle!





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