L'ECCLESIASTE


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sexe et perversion

PSYCHOLOGIE

Le sujet est intime et délicat, la sexualité étant, tous les psys vous le diront, le miroir de la personnalité, imprégnée de notre inconscient, puis teintée de notre éducation et complétée de nos expériences. Notre sexualité n’est donc pas innée, commune à tous, mais l’écho de tout un passé et en constante évolution. Plus que dans tout autre domaine, la réflexion de la normalité se pose comme le démontre bien des articles de presse et de maintes émissions télé sur ce point : ais-je une sexualité normale? Quelle est angoissante cette question…!


Dans une société ou, depuis quelques décennies, il est interdit d’interdire, le "tout permis" est-il la seule voie pour les générations post mai 68?

Si le propos, prétexte à de nombreux débats, passionne autant les humains c’est que tout n’est certainement pas honorable dans le "no limite" et les drames de pédophilie, de prostitution, de viol révèlent tout de même que certains bas côtés du chemin de la liberté paraissent bien fangeux.
Le mot "perversion" souvent collée à "sexuelle" nécessite la définition correcte que voici :
Du latin per = par et vertere = tourner.
Le sens en serait donc, par détour ou détourner. Emploi détourné d'une fonction, d'une idée, d'un objet.

Pour bien comprendre ce mot nous pouvons l’appliquer à un usage très familier.
Une fourchette, dans son utilisation originelle, sert à piquer des aliments et à les porter à notre bouche.
Utiliser cet objet comme une arme, ou tout bêtement se gratter le dos avec ( ben tiens !) est une perversion dans l’utilisation de l’objet.
Je ne multiplierai pas les exemples, chacun en dénichera d’amusants dans son comportement en toute innocence…perverse ou judicieuse
Pour ce qui est du corps humain, nous disposons de nombreux "objets attributs" dont leurs fonctions nous sont familières. Le nez sert à sentir, respirer, et l’utiliser perversement en guise casse-noix ne peut que laisser des traces sanglantes et douloureuses.
Si nous revenons à la sexualité, nous pouvons parler, sans offense, d’"objets attributs" sexuels (n’y voyez rien de péjoratif) que nous possédons tous.
L’objet sexuel femelle à son utilité et l’objet sexuel mâle, pas moins.
Comme pour le nez, les fonctions de ces merveilleux organes sont établis de longue date et personne n’y trouve à redire, plaisir et procréation.

Le sexe, puisqu’il faut l’appeler par son nom, c’est un organe de plaisir, que celui-ci soit partagé ou solitaire, la fonction jouissive reste la même.
Quant à la procréation…. Nos "objets sexuels", pénis ou vagin, ne s’avèrent plus être de nos jours, un impératif lié à cette fonction, comme le démontrent depuis quelques années les bébés éprouvettes, même si leurs utilisations demeurent encore, pour le bonheur de nombreux couples, la voie la plus naturelle.
Et le clonage me direz-vous? S’agissant là, non de procréation mais de copie, je ne polémiquerai donc pas.
Mais si l’activité sexuelle est, dans son usage principal, le plaisir, il ne devrait y avoir, dès lors que celui ci est au rendez vous, aucune perversité dans son utilisation. Il ne viendrait à personne de l’utiliser en guise d’outil ou d’instrument de musique….
Dans quel cas nous faut-il donc évoquer une perversion sexuelle?
Jusqu’ici j’ai utilisé le mot perversion uniquement dans le sens de "détournement de la fonction" et dans ce sens-là, dès que le sexe reçoit du plaisir il est dans son fonctionnement normal. Attendez avant d' hurler…car voici, après le sens primaire de la perversion, celui du sens moral qui, comme le rire, reste le propre de l’homme.


L’animal, lui, n’a pas de morale, il tue, mange, parfois ses congénères et ses petits, se reproduit (après avoir éloigné ses rivaux), son instinct étant son seul code d’honneur.
L’homme dans les temps reculés agissait à peu près de même.
Dans l’antiquité lointaine, au temps des premiers peuples, nos ancêtres n’avaient de limites que les lois des dominants, généralement des mâles. La loi du plus fort fut un temps la meilleure et les hommes dans l’assouvissement de leurs plaisirs ne s’encombraient guère de morale telle que nous la concevons.
Les habitants du croissant fertile, source de nos civilisations structurées, pratiquaient une sexualité religieuse. Les parents prostituaient leurs jeunes filles aux temples de la fertilité, Inanna ou Ishtar, et en retiraient de bon revenus afin de leur constituer une dot honorable. L’union entre frères et sœur n’était pas tabou, mais à l’image des divinités lubriques de l’époque, quant à l’homosexualité elle était vertu chez les célèbres spartiates, la pédophilie une douce fantaisie fort prisée et respectable….et le viol, une chasse comme une autre ou la récompense du soudard.




Que cette notion de morale provienne d’une longue évolution des mœurs ou d’une révélation de l’au delà, n’est pas ici notre sujet, seul le constat nous importe. Nous passons tous nos actes et nos pensées à travers le tamis de nos consciences, cataloguant ceux-ci dans deux "casiers" cérébraux, le bien ou le mal. N’en cherchons pas d’autres, bravons le sacro saint tabou des mots, appelons un chat un chat, nous portons au plus profond de nous même ces deux principes génésiaques, que sont, la connaissance du bien et du mal, de la légalité ou de l'illegalité de nos actes.
Similaire à d’autres activités, résultantes d’un besoin vital, la sexualité peut se ranger dans l’un ou l’autre des deux casiers

Dans celui du bien, siège une sexualité épanouissante et bénéfique, source d’un continuel enrichissement. Celle-ci, outre la stimulation hormonale bienfaisante à notre organisme (amphétamine, dopamine etc), accroit un de ses pivots, le lien amoureux.

Le casier du mal propose une sexualité dégradante et nocive, une errance vers l’insatisfaction et le constat, à plus ou moins brève échéance, de n’échafauder rien de bien stable ni durable. Dès lors qu’elle s’enveloppe de souffrance, violence, mensonge, tristesse, tromperie, la sexualité détourne ceux qui la vivent ainsi, de sa fonction légitime de plaisir; elle est au sens réel du terme une perversion.




Devons nous lister toutes les pratiques sexuelles dès lors que le principe mentionné dans ces deux 'casiers" permet, me semble t-il, de bien classer nos actions en toute âme et conscience?
Peut être serait-il bon de rappeler les ravages souvent irréversibles, physiques, psychologiques et affectifs du viol, du sadisme, de la prostitution, de l’infidélité, du libertinage et bien d’autres déviances aux parures de jeux innocents, afin de neutraliser (sans espoir, restons lucides) le matraquage publicitaire qui en est fait par la littérature, le cinéma, la presse et certaines émissions radio-télé libertaires? Le sujet, aguichants, décuple l’audimat et le tirage des journaux en caressant notre appétence au voyeurisme (encore une perversion qui nous touche tous). Amusez-vous à compter, en marchant à travers nos villes, nos lectures, nos émissions télé, les appels au sexe sans en donner les règles élémentaires...puis rangeons-les dans nos petits casiers.
Cet exercice, que je pratique et fait pratiquer parfois, révèle vite la banalisation de la perversion, la manipulation par les medias vers une consommation inconsciente, amorale de tout ce que la vie offre de beau et de bon. A quand les avertissements identiques à ceux mentionnés au sujet de la consommation du sucre et des mauvaises graisses…



Noyés dans le courant soporiphique de l’anodin, il est bon, de temps en temps, de vider nos "casiers" et d’affecter chaque choses à leur juste place.
L’autojustification résumée dans le classique "tant que ça se passe entre personnes majeures et consentantes" cache parfois des adhésions réticentes, un manque de réflexion sûrement, et l’occultation
parfois de tierces personnes concernées.

Restant dans la généralité, j’ai souhaité écrire ces quelques lignes en réponses à de nombreuses questions sur certaines mœurs et pratiques mises en avant par divers médias des plus sérieux. Leur but inavoué, d'appâter le public, ne doit pas nous détourner d’une réflexion personnelle au travers de notre conscience éclairée aux flammes de l’amour du prochain. Il est certain que le dialogue, le respect de notre corps et celui de l’être désiré se doivent d’être le passage obligé de nos réponses.



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