L'ECCLESIASTE


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Viva la révolution

ACTUALITE

Au cours de l’année écoulée plusieurs évènements ont secoué notre planète qui parait soudainement animée d’agitations fébriles. Les pôles fondent, des déserts s'inondent, des iles s'engloutissent, des villes s’effondrent, l'océan perd ses poissons, le blé vient à manquer, la mer monte, le soleil brûle, les sources de pétrole s'épuisent, l'économie chavire, des églises explosent...Bref chacun est conscient "qu'il se passe quelque chose" au niveau planétaire, voir cosmique.

Pourtant deux coups de tonnerre viennent de retentir à nos oreilles et ils me semblent, par leur antinomie, porteurs de messages bien significatifs.
Le premier marque d’un degré supplémentaire le niveau de la stupidité et de la haine toujours plus grande des hommes pour d’autres hommes parce qu’ils prient autrement. Des dizaines d'arabes en Irak mais aussi en Egypte, assassinés aveuglement non pas parce qu’ils étaient des criminels, des hors la loi, non, tout simplement parce qu’ils pratiquaient un culte différents. Je ne souhaite pas m’étendre sur cette folie humaine, ce serait offrir une publicité à l’obscurantisme profond dont se repaissent trop souvent ces espèces de mercenaires religieux, poseurs de bombes. Ces fleurs maudites fleurissent encore sur des terres de miséres.

Le second coup de tonnerre vient, à quelques jours près, proposer une réponse " en fin de non recevoir "à tous ces exaltés du minaret, assoiffés de sang chrétien.
Je me ferais donc complice, par les lignes qui suivent, de la révolution tunisienne, qui, tel un séisme longtemps contenu, révèle au monde oriental la force auto libératrice des peuples.
Ce heurt des cultures, tel des plaques tectoniques, vibrent jusque dans nos demeures,



Durant des siècles l'Europe, pour ne pas dire le monde, était partagé entre deux pouvoirs. A l'un la domination du sol, à l'autre celui des âmes. S'il y eut parfois quelques querelles entre eux, donnant lieuà des guerres meurtrières, ensanglantant leurs sujets, pillant leurs récoltes, saccageant leurs villages, elles furent vite réglées sur le dos du bon peuple soumis et craintif à qui il ne restait juste que le soin de relever les ruines. Mais malgré les répressions sanglantes, les bûchers et les galères il y eut de tout temps des épis rebelles prêts à semer leurs mauvaises graines d' insoumission et de révolte. Ils furent chez nous, Pauvres de Lyon, Vaudois, Cathares, réformés, Religionnaires, qui n'aspiraient humblement qu’à vivre de leurs idées et qui en moururent souvent. Les pires de ces réfractaires aà tutelle de droit divin furent assurément les révolutionnaires de 1789. Eux voulaient surtout tuer le roi et le curé. Je passerai avec pudeur sur les détails de l'histoire des 200 000 morts du rasoir national puis les 800 000 Français des guerres napoléoniennes qui les suivirent outre tombe, rallongés des 1,5 million d' Européens entrainés dans le fleuve de sang impérial.

L'exemple révolutionnaire français, comme toute ébauche, fut barbouillé d'à peu près, de raccourcis expéditifs, dans tous les sens du terme, d'imprécisions aveugles et haineuses dont firent les frais bien d'innocentes victimes. On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs, voilà donc de quelle cuisine sort la fière nation française. Depuis, pour rester dans cet art culinaire, nous avons fait tache d'huile et avons exporté un peu partout cette alchimie révolutionnaire. Amérique du Sud, Mexique, Russie, chine, Portugal et Tunisie....





Bien sur en ce début d'année 2011 nous assistons devant nos petits écrans à une révolution "propre" par rapport à leurs sœurs ainées française, soviétique et chinoise facturées de plusieurs millions de victimes. Sagesse et modération des dirigeants qui comprirent assez tôt que le sang n’arrête pas l’histoire? Peut être bien, mais la Tunisie se flattait déjà d’être la plus libérale des dictatures, suffisamment mûre pour ruer dans les brancards de l’injustice humaine, sociale et économique.
Il a suffit donc d’une étincelle, Mohamed Bouazizi, 26 ans, retenons respectueusement ce nom, pour que tout un pays s’embrase, ouvre les yeux et la bouche d’un commun accord après des centaines d’années de tyrannies diverses, de colonisation et de corruption. L’immolation par le feu de ce vendeur universitaire ne fut justement pas un vain feu de paille. Les gouvernants comprendront-ils enfin que certaines flammes mettent le feu aux poudres.

Ce grand pas en avant tunisien, cette révolution de moindre souffrance avec sa soixantaine de martyrs tombés sous les balles d’un pouvoir tellement mafieux qu’il ne soupçonnait pas qu’il put si vite s’effondrer, est en train d’ébranler tout un monde. Pour la première fois en effet, une population arabo musulmane refuse la soumission coranique à l’autorité divinement instituée. Mais où a-t-on vu ça? En Iran? Lequel de ces jeunes ne comprend aujourd'hui que l’autorité des Ayatollahs berna le peuple en concevant la république islamique qui pèse sur lui d’un carcan plus tyrannique que celui d’Allah lui-même. La revendication démocratique tunisienne est une plaidoirie contre toute forme de dictature ou despotisme qu’il soit religieux ou séculier.

J’étais fier en entendant un manifestant de Tunis déclarer "Nous voulons une vraie révolution, comme la révolution Française". Ce clin d'oeil à notre histoire démontre que même sous le joug pesant de la colonisation, la semence démocratique était présente. Elle n’attendait qu’une terre fertilisée pour croître.
Bien sur les premiers pas de l’esclave libéré ne sont pas aisés tant il est habitué à marcher au pas de tous, encadré de mercenaires à la solde d’un maître oppresseur. Mais laissons le écrire à son rythme son histoire afin qu’il en garde, en toute légitimité, sa fierté de vainqueur.
Désormais le maître, c’est lui, l’homme du peuple.
Si vivre la république, demande de faire table rase du passé, d’abolir les privilèges honteux, d’accorder l’égalité à tous, cela exige un travail collectif et la construction d’un état juste pour tous, ne peut se faire en quelques semaines. Notre histoire l’a prouvé.

Ainsi nous ne pouvons que regarder avec attention et admiration la naissance de cette nation se voulant politiquement sœur de la nôtre. Une fois de plus j’affirme ma confiance en l’humain qui voit son histoire avancer vers la liberté de conscience, la prise en main de son destin afin d’épanouir spontanément le moindre frémissement de ses facultés. Dois je rappeler à tous que la démocratie conduit mieux que tout autre régime au développement, économique, social, sanitaire, moral et spirituel? Ceux qui émettent des réserves se doivent de consulter la liste des états du monde et placer en parallèle celle des pays développés puis ceux en voie de développement et sous développés….
La liberté de penser, d’agir, de croire, est le moteur par excellence de toute avancée.Il est pourtant des pays qui s’inquiètent devant ce chambardement tunisien…

Les gouvernements voisins en effet ne voient pas d’un bon œil sur leurs frontières le droit à tous les affranchissements. Lybie, Algérie, Maroc, Egypte et les autres.

Leurs hommes tremblent d’impatience et d’envie c’est certain, tandis que leurs dirigeants tremblent aussi, mais d’anxiété. La lourde porte de l’oppression derrière laquelle se tiennent encore bien des peuples doit impérativement s’ouvrir afin que les droits de chacun des citoyens du monde soient reconnus et appliqués avec respect et sagesse.
Un proverbe arabe affirme que "Le marocain est un berger, l’algérien un guerrier et le tunisien une femme…" Il est temps donc que ces peuples comprennent comme le proclame Aragon que "la femme est l’avenir de l’homme". je perçois bien ainsi l’image de notre chère Marianne.




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