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RECITS DIVERS > Poesie





Tu as volé, phalène*, vers les lumières
De la ville, foulant la cendre de victoires,
Tes amis flatteurs pressaient nombreux ta porte
Rogner les reliefs de festins illusoires.
Conforté de leur glorieuse cohorte,
Tes yeux embrassaient de nouvelles chimères.



Nul obstacle, à ta fougue point de clôture,
Amassant toujours richesses, gloire et honneurs
Invincible armada, les voiles gonflées d’orgueil
Jamais tu ne connus les affres de la peur,
Volant toujours plus haut, franchissant tous les seuils,
Sourd aux cris des martyrs de tes forfaitures.



Ne furent-ils point si pénétrants que jamais,
Une autre voix en ta conscience ne parut
Affecter quelque peu tes désirs de lumière,
Retenir le profond sillon de ta charrue?
Point de répit, aucun regard en arrière
Sur la course folle qui assidument t’enflammait.

"Tas six mois devant toi" a dit l’homme en blanc.
Tu nourrissais le parasite en ton sein
A l’insu de tous les autres qui t’encensaient,
Lui, imperceptiblement, te rongeait foie et reins.
Tes amis? Mais où fuient-ils ceux qui te louaient?
Tu vis leur dos, quand au mal tu prêtas le flan.


"L’homme insensé s’entoure de nombreux amis,
Ils sont pour son malheur"* a dit le grand sage.
Au crédit de l’ultime et cruelle douleur
Ils t’offrent la solitude pour tous gages.
Tes ailes ne porteront plus vers les lueurs
Elles se brûlent déjà par l’éternelle nuit.

Claude Serries

Sur le même thème voir " les lauriers de Cesar"

*phalène : papillon nocturne
* paroles attribuées au roi Salomon

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