L'ECCLESIASTE


Aller au contenu

Menu principal:


Ah, la bonne année !

ACTUALITE

Une nouvelle année vient donc de commencer. La précédente fut-elle une bonne ou une mauvaise année?
Mais qu’est ce, au juste, la bonne année que chacun souhaite à chacun?
Pour beaucoup, cela se vérifie au cours des échanges traditionnels de vœux, il est question bien sûr de santé, de prospérité, de réussite, enfin rien que de très bonnes choses qui généralement ne nous engagent guère. Les bonnes paroles, comme les vœux pieux, ne sont vraiment pas chers et se répandent aussi vite que le vent soutenu de l’oubli.

Il peut paraitre curieux pourtant de considérer que certains de nos vœux pourraient nous engager vis-à-vis de notre prochain.
Si je souhaite de tout cœur à mon voisin de ne manquer de rien au cours de cette année et que, telle la fourmi de la fable, je ferme ma porte dès que chez lui la nécessité pointe son nez….
Bien sûr, me direz vous, on ne meurt pas de faim dans notre voisinage.
Au moyen âge il fallait environ une journée pour aller à cheval d’une grande ville à sa voisine et parfois entre ces deux régions, l’une était prospère et l’autre criait famine suite à des intempéries détruisant les récoltes, une épidémie exterminant le cheptel ou après un conflit entre seigneurs ( saigneurs aurais je pu dire) dont les premières victimes étaient les braves gens du peuple.
Actuellement la province voisine est pareillement à 12 ou 15 h, d’avion cette fois et là aussi, parfois on y meurt de faim, de maladie ou de la guerre.

A tout considérer rien n’a changé, nos horizons se sont seulement élargis sur autant de malheurs certainement, mais tout aussi proches en "espace temps".

Mais il est aussi une misère, une famine, une épidémie qui se répand inexorablement autour de nous, bien que très discrète. C’est la maladie de l’oubli, de l’éloignement, de la solitude. J’ai pu constater au cours d’échanges durant mes activités professionnelles mais aussi associatives, combien la misère affective gangrénait insidieusement notre société.
Cette foule que nous côtoyons dans les centres commerciaux ou les rues piétonnes de nos villes est remplie de gens seuls, 30% selon les études sur le sujet, isolés par tant et tant de raisons. Parfois les victimes de cette solitude n’ont pas su entretenir les liens chaleureux familiaux ou avec leur entourage. Je pense à cette personne âgée qui se plaignait de ne jamais recevoir la visite de ses cinq enfants et petits enfants, pas de lettre ni appel téléphonique. Ou à cette autre qui ne survit qu’à travers des conflits épuisants avec son voisinage dans lesquels il n’est question que de reproches, moqueries, rancœur et aigreur. Il est vrai que certaines personnes ne sont guère aimables, il y a tant de pauvres, de pauvres en amour… incapables d’échanger un peu de cette chaleur qui vient du cœur, ils en ont eux même parfois si peu reçu, d’affection et de tendresse.

Cela nous conduit à une profonde réflexion. De quelle qualité sont les liens que je tisse continuellement avec les autres?
Avec mes parents, mon conjoint, mes enfants, avec mes voisins, mes amis?
Quelle nourriture affective répandons-nous parmi notre entourage? Le souci de donner à manger à ceux qui ont faim et soif d’amour, de paroles, de considération, de présence, de reconnaissance et d’acceptation, ne pourrait-il pas nous détourner plus souvent de nos préoccupations tellement égocentristes?

Avec ce regard, il serait bon de se rappeler, pour ceux qui l’ont lue dans les évangiles, la parabole de la brebis perdue. Le lien s’est rompu, imperceptiblement, un agneau s’est éloigné de la solidarité et de la sécurité du groupe, un pas après l’autre, au gré de ses besoins immédiats, vers cette herbe toujours plus verte ailleurs. A notre préoccupation, légitime, de suivre le troupeau, de bien jouir du confort d’être au milieu de tous, de ne regarder que devant nos petits pas et l’environnement immédiat si rassurant, nous ne percevons pas, tout au fond, la brebis blessée qui traîne la patte, parfois même au sein de notre propre famille. Le principe, si cohérent de la sélection naturelle, abandonnant les plus faibles à la merci des prédateurs serait-il envisageable parmi l’espèce humaine?
Celui qui ne veille pas à la qualité de ses liens avec les autres devient vite une brebis égarée, et combien aisément laissons nous, sur le bord de nos routes, parents et amis, poussés toujours plus vite par les turbulences de la vie actuelle.

Nous sommes tout à la fois brebis et bergers, les uns pour les autres, nous sommes membres d’une grande communauté et si parfois nous avons une émotion pour les affamés du tiers monde à combien plus forte raison devons nous quelque attention à ceux qui partagent notre route.

Pour ne pas rompre la tradition de la nouvelle année et surtout pour en apporter une dimention peut être un peu plus noble en vous proposant de la concrétiser , voici donc les vœux que je nous souhaite pour cette année 2012 : Que nous tissions des liens plus étroits avec ceux que la vie met sur notre chemin, apportant une authentique chaleur humaine à nos relations. Pour cela il nous suffit simplement d’utiliser habilement les bons fils, ceux que nous pourrions appeler assurément, des fils conducteurs.



Page d'accueil | ACTUALITE | PSYCHOLOGIE | SOCIETE | SPIRITUALITE | LES ECRITS SACRES | RECITS DIVERS | Plan du site


reflexions humanistes et spirituelles | serries.claude@orange.fr

Retourner au contenu | Retourner au menu