L'ECCLESIASTE


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Conte de Noël Catalan

RECITS DIVERS > Récits


L'histoire que je vais vous conter se déroule dans la haute vallée de la Têt, au pied du mon Canigou, surplombant la plaine du Roussillon.









Là vivait un berger, veuf depuis la naissance de sa fille Isabelle, agée de 20 ans. Il s'appelait Jean, tout simplement, mais en bas au village, on l'appelait "l'os" l'ours en Catalan, tant il aimait vivre isolé, sur les flans des montagnes, loin des tracasseries villageoises.
Tous les matins il partait, avant même que ne pointe l'aube, conduire son troupeau plus haut dans les alpages, là où l'herbe reste toujours verte, jusqu'à la fin de l'automne.










Chaques jours il effectuait le même parcours. Vers midi, Isabelle, sa fille, le rejoignait, toujours au même endroit, près d'un ruisseau, pour partager avec lui la soupe chaude qu'elle lui montait, du pain noir, un peu de lard et du fromage qu'elle faisait durant la belle saison.

Ce jour là, le 24 décembre, il n'avait pas encore neigé à cette altitude. Seul le sommet de la majestueuse montagne était soupoudrée de blanc. l'air était froid, et l'instinct de l'homme des cîmes lui fit dire que c'était la dernière fois qu'il montait ses bêtes avant l'hiver. Il décida donc de redescendre plus tôt que d'habitude. Les nuages s'amoncellant, il comprit que la neige n'allait pas tarder à venir.
Il sifflat ses deux gros chiens, Dit (doigt) gros berger des pyrénées et un petit batard vif et têtu nommé Ull (oeil). Seul Dit sembla comprendre l'ordre du maître et obéissant, il rassembla le troupeau. Voyant que le tétu ull ne participait pas au travail intrigua le berger. Poussé par la curiosité et connaissant son chien, il devinait qu'il se passait quelque chose d'anormal derrière le rocher. Arrivant sur les lieux il vit une brebis qui semblait bléssée.

Il compris, aux traces de sang, qu'une jeune agnelle venait de mettre bas pour la première fois et elle semblait éprouvée, ne pouvant même pas se relever. Il était si tard dans la saison qu'il ne se doutait pas qu'une de ses brebis fut pleine. L'agneau n'était pas là. Tant pis, se dit-il, il me faut redescendre avant la neige. Il prit la mère sur ses robustes épaules, mais connaissant son chien, il lui cria, "va chercher"

Aussitôt Ull bondit, fila à travers les rochers et se mit à gravir la falaise. Il reviendra, ce fou, pensa le brave berger. Il prit le pas lent du troupeau et entama sa descente dans le tintement des clochettes. Cela lui fait penser à la nuit de Noël.


A chaque contour du sentier qui descendait en zigzzagant il regardait la falaise. Ce qu'il vit le laissa perplexe. Où allait donc son chien?
Le voilà sur un surplomb accroché à la paroi. Il comprit bien vite. Des plumes et des brindilles s'envolèrent, puis il entendit à travers les aboiements un petit bèlement suivit de cris stridents. Un nid d'aigle!

Le berger se mit à penser que cette nuit était la nuit de Noël. Il y a plus de 2000 ans un tout jeune nouveau né était lui aussi l'enjeu du bien et du mal. Il vit l'aigle s'envoler, tournoyer menaçant, mais les crocs et la détermination du chien étaient trop dissuasifs. L'aigle céda et prit son envol dans le ciel, là, où les nuages l'effacèrent.
Le brave petit batard prit délicatement l'agneau dans sa gueule et avec une agileté surprenante, descendit comme un izard la falaise à travers les éboulis.




Voilà une belle histoire que je vais conter ce soir pour la veillée de Noël aux enfants du village, pensa l'Os!
Comme chaque année, Isabelle, qui assurait les cours de cathéchime, montait du village avec eux passer, dans la grande salle à manger de la ferme jouxtant la bergerie, la nuit de Noël.

Claude Serries

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