L'ECCLESIASTE


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De la psychanalise à la spiritualité

PSYCHOLOGIE



Bien souvent lorsque nous sommes face à un (ou des) partenaire (s) (professionnel, conjugal, associatif etc) qui, obligatoirement, ne correspond pas exactement à ce que nous attendons, notre espoir (mis à part notre déception) est celui de le voir changer un jour, voir, celui, très méritoire, nous en sommes convaincu, de le transformer, à notre image, cela s’entend.
Ce désir de transformer l’autre, de l’améliorer, pensons nous, prend naissance avec notre regard vers lui. Pour qu’il soit en harmonie avec nous, nous le souhaitons «bleu», car nous le voyons «vert» et nous ne supportons que le bleu. C’est peut être dans le «nous le voyons» que réside souvent l’incapacité d’accepter l’autre tel qu’il est. Sommes nous omniscients pour affirmer l’exactitude de notre jugement?



Notre habitude instinctive de classer, cataloguer notre entourage dans des tiroirs hermétique et sans issues (ces fameux préjugés) peut souvent nuire à nos relations les uns envers les autres. Il est certain que chacun ressent, (donc juge) son prochain. Son aspect, ses paroles, ses silences, et, dans nos tiroirs secrets, inconsciemment nous rangeons, étiquetons, celui-ci dans «je ne le sens pas», celui là dans«caractériel» tel autre dans «sympathique ou fréquentable». Ce regard, porté vers notre prochain, n’est-il pas parasité par notre projection d’un idéal que nous pensons, nous, représenter? Car enfin, c’est généralement avec nous même que nous nous entendons le mieux et les critères de goût et de couleur nous permettant toute appréciation, ce sont les notre!

Et si nous prenions l’habitude de semer, dans notre jardin intime, un peu plus de graines d’humilité. Suis-je vraiment un étalon d’équité dans mes jugements envers autrui?
Apprenons donc à nous connaître un peu mieux.

Pourquoi ai je besoin de juger l’autre
Si je juge mon partenaire, indigne de confiance, je vais adopter une attitude protectrice de méfiance. Ce réflexe de défense est à la base de tout jugement négatif envers l’autre. Une fois catalogué, je suis à l’abri des blessures, déceptions qu’il peut m’infliger, car je sais ce que je risque de recevoir de lui. C’est un jugement bouclier.

Les psychanalystes admettent que c’est à travers nos expériences, durant l’enfance, (déceptions, blessures, moqueries) au cours desquelles personne ne s’est levé pour prendre notre défense, que c’est forgé ce bouclier nous protégeant, en préjugeant, sur ce qu’est réellement notre partenaire. Cet esprit critique, négatif, cet entêtement parfois définitif dans le jugement de l’autre, est à la mesure des tors non reconnus jadis envers nous. Ce besoin de sécurité montre une réelle faiblesse, mais qui n’est pas ressentie comme telle. Celui qui juge négativement l’autre, peut laisser croire le contraire. Il nous est arrivé de penser "Ah, celui là, il n’arrête pas de critiquer tout le monde, il se prend pour un quelqu’un de supérieur.» C’est bien l’inverse, sans le percevoir, celui qui classe les autres vit un vrai complexe.... d’infériorité!
Plus j’ai l’instinct de juger et de classer mes proches, plus je cherche donc à m’en protéger. Mon inconscient ressent une infériorité qui risque de me transformer en victime. Comprendre ce réflexe nécessite un retour vers mon passé, afin de découvrir les évènements qui ont perturbé l’image que je reçois des autres.

Ne connaît-on pas l’histoire de vieilles bigotes, rigides, ou de bien pensants légalistes (surtout dans les milieux religieux).Tous ces gens là, redresseurs de tors, donneurs de leçons, traînent leur vie durant, le poids de regards négatifs reçus dans l’enfance. Ils ne font que reproduire cette image du passé, tout rapport avec autrui passe par le jugement.



A vouloir changer l’autre, l’épuisement me guêtre, ce combat est perdu d’avance.
Une personne est à changer, moi. Je suis le seul être sur lequel je puisse avoir un contrôle assuré. Encore faut-il se connaître sois même, c'est-à-dire s’accepter. Je ne connaîtrai jamais parfaitement l’autre, mais je peux arriver à me connaître, moi, dans la mesure de mon honnête et humble lucidité. L’énergie que je mets à vouloir changer mon partenaire est l’indice de mon impuissance à me changer moi-même. Or la compréhension, la matérialisation des jugements négatifs reçu dans mon enfance est la clé de l’acceptation de soi.

Il y a combat, mais l’adversaire n’est autre que moi-même,

La célèbre injonction du philosophe Grec Socrate «connais toi, toi-même» m’interpelle, surtout que, connaître, signifie, dans son étymologie Grecque, «naître avec». Socrate aurait pu tout aussi bien dire,«renais toi, toi-même».
Un autre grand maître à penser parlera aussi de la nécessité d’une renaissance. « si un homme ne naît de nouveau…», dira Jésus à un pharisien venu le consulter. (L’évangile de Jean chapitre 3 relate cette rencontre, a lire impérativement) L’explication émanant de cet échange entre ces deux personnages, rappelle que l’homme est né de chair, animal, instinctif, dans sa conduite et bien sur, gainée par ses jugements. Mais il est appelé à renaître en esprit, en apportant à sa vie la dimension spirituelle, ce qui le différencie de la bête. Cette disposition permet de faire table rase de son passé, en l’acceptant d’abord, en pardonnant ensuite.



La recherche de la spiritualité, passant par l’étude de la philosophie, mais aussi la méditation de textes élevant l’âme, que ce soit le coran, les évangiles ou les sermons de Bouddha, transforment le regard que nous portons vers nous même, vers les autres, mais aussi vers toutes les choses de la vie. Une autre dimension naît dans le coeur de la brute constituant notre espèce dès lors qu’elle devient humaine et ses jugements en sont transformés. Ce fut la grande préoccupation de la pensée humaniste du XVI ème siècle. Où en sommes nous aujourd’hui?


Dans la tourmente quotidienne, avec son lot de misères et galères de toutes sortes, quel temps prenons nous vraiment pour réfléchir sur nous même?
Devant la masse d’informations plus ou moins nauséabondes que nous recevons, dès que nous ouvrons les yeux et les oreilles, toutes plus ou moins extravagantes (la clé de l’audimat c’est le sensationnel non?) trouvons nous la paix à travers quelques lectures, méditations, voir prières.

Quand suis-je rentré la dernière fois, seul, dans un lieu de culte, ou tout simplement me suis-je isolé, seul avec mon âme, pour réfléchir au sens de ma vie.
Et si je prenais quelques minutes chaque jour ou chaque semaine pour faire le point, afin de trouver l’assurance que je ne suis pas une machine, subissant les évènements des jours.
Et si je rentrais plus souvent en moi-même pour me dire, «Je suis sur un bon chemin, j’ai la vie que je veux», ou humblement reconnaître, «là, je dois revoir ma conduite, il faut que je change mon regard sur moi, ma vie, et mon entourage». Je sais que par certaines de vos réponses que les messages écrits dans ce site sont une occasion de réflexions. Je vous avouerais humblement que là en est le but et je m'en réjouis.

Prendre du temps pour soi, apprendre à se connaître vraiment, c’est le chemin de la paix personnelle mais aussi celui qui nous conduit vers les autres.
«connais toi, toi-même, (aime toi toi-même), et aime ton prochain comme toi-même», ces deux leitmotivs issus de la pensée philosophique et chrétienne devraient constituer chaque jour le fondement sain de toutes nos relations humaines.

La psychanalyse ne date pas d 'aujourd'hui, semble t-il.

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