L'ECCLESIASTE


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Des indignés au G 20

ACTUALITE

Alors que vous circulez au volant de votre véhicule vous êtes emmenés à visionner plus ou moins consciemment une indication référant au code de la route toutes les 05 secondes en moyenne. A cela s’ajoutent les panneaux publicitaires, mais aussi les paysages qui défilent rapidement. Dans ce même temps vous pouvez également écouter la radio, répondre au téléphone (ça c’est pas bien) ou suivre une conversation tout en visionnant le GPS.


Si vous déambulez dans les allées consacrées au laitage d’un grand magasin, plus de 20 marques de yaourts, 200 de fromages, une trentaine de beurres, garnissent les rayons et ces informations envahissent notre cerveau en à peine 10 mètres. C’est encore plus révélateur au niveau des boissons. En multipliant par le nombre des allées des centres commerciaux, ce sont par milliers que se comptent les "entrées visuelles" destinées à nous permettre de choisir le meilleur pour nous. Le choix doit être rapide, habituel, voir instinctif, c’est bien ce que souhaite tout fabriquant de produits alimentaires, le tout dans un environnement musical insidieusement soporifique.

Il est exténuant de tenter une résistance aux ondes polluantes qui assaillissent tous nos sens dans un centre commercial, noyés par une ambiance musicale débilitante savamment calculée.Tout semble être mis en œuvre pour nous abrutir et nous avilir au niveau d'insatiables consommateurs. Nous ressortons d’ailleurs souvent épuisés de cette épreuve sportive que nous appelons à juste titre "les courses". Et si je décide, revenu à mon domicile, de me détendre devant mon poste de télévision, ne vais-je pas finir par m’effondrer totalement en sélectionnant parmi mes 300 chaines disponibles, celle qui m'apportera un peu d'apaisement?




Trop de choix, de biscuits, de chaussures, de voitures, de téléphones, de téléviseurs, de films, de chanteurs, de politiciens, d’impôts (là on est tous d’accord) etc.
La corne d’abondance déborde. L’image bienfaisante que nous lui connaissons finit par nous sortir par les yeux, le vacarme des annonces accompagnant ces opportunités et bonnes affaires nous assourdissent, sans compter les tonnes d’ordures engendrées par les objets de nos convoitises qui nous engloutissent et enlaidissent de plus en plus nos promenades champêtres.

"Le choix, c’est la liberté" affirme t-on. Pourtant si elle ne peut fleurir sans divers éléments justifiant, après sage réflexion, nos décisions, elle devient malheureusement aléatoire lorsque les alternatives de ses orientations sont infinies. Trop d’informations, trop de possibilité, parfois opposées, finissent par brouiller les initiatives prises dans un rythme haletant.
Les utilisateurs de radars militaires (brouilleurs de bord) connaissent parfaitement les effets paralysant des brouillages émis par d’autres sources d’ondes. Un missile ira ainsi se perdre en mer épargnant le navire visé.
Quelle place reste t-il pour nos ondes personnelles inspirant nos décisions quotidiennes?


Comment gérer ainsi, dans ce brouillard cérébral, les sphères si importantes pour notre épanouissement et notre bonheur: nos vies sentimentales, éducatives, nos orientations professionnelles, le choix de nos loisirs? Sur ce chapitre aussi, le péril est considérable de basculer inconsciemment dans le même engrenage aberrant de la consommation insatiable.
Une agitation persistante aiguillonne nos vies jusqu'au claquage, rien n’étant définitivement acquis.
De cette manière, nous changeons de rythmes scolaires, d’emploi, de conjoint, de forfaits, de logement, de pays, d’habitudes, notre faculté d’adaptation serait-elle vigoureuse à l'infini…? L’instabilité est l’une des caractéristiques de notre économie, et avec elle nait tôt ou tard la peur du lendemain. Rien ne dure, rien n’est sûr, à l’ère de l’incessant zapping et du tout jetable. Sur quels appuis, quelles certitudes pourrions-nous enfin affermir nos pas ?

Si l’hyperconsommation conduit à la fatigue cérébrale, l’hyper-insatisfaction, les remises en questions permanentes, les retours à la case départ, acculent à un état de désespérance de plus en plus profond par l’inhibition de notre libre arbitre.
Cet épuisement est l’une des préoccupations du corps médical depuis quelques années. Un Français sur deux se dit fatigué, mais pas de ce genre de fatigue qui survient au cours d’un effort précis et disparait après un repos adéquat. Peu connaissent encore de nos jours l’éreintement musculaire conséquent à une journée de labeur aux champs. Non, il s’agit d’un épuisement général, persistant, une lassitude chronique et perfide affligeant le corps mais aussi l’âme.
Beaucoup de troubles du sommeil conséquent à cet état sont soignés artificiellement par une riche, trop riche là aussi, pharmacopée. Les occidentaux détiennent dans ce domaine, le reccord mondial de la plus grosse consommation de somnifères, antidépresseurs et psychotropes. Lorsque l'on recherche les causes de ces troubles, un cercle vicieux apparait dans bien des cas. Au rythme pressant du quotidien s’ajoutent maintes fois les abus d’excitants: tabac, alcool, café, boissons hyper sucrées, absorbés justement pour se donner du tonus afin de compenser… la fatigue.
Le mal être n’est plus l’état de quelques individus organiquements dépressifs entre les mains de psychologues empathiques. Ce sont des millions de personnes qui ressentent, sans en trouver les raisons, le malaise accompagnant notre course sans fin vers un hypothétique bonheur. Celui ci, promis, selon ce cliché, par des générations de diplômés de la politique financière, relayés par tous les hauts dirigeants de la planète, comme fruit d’une croissance économique vigoureuse et exubérante reste la grande chimère des temps modernes.



"On se consume à consommer" clamèrent les indignés partout dans le monde, "moins d’essence et plus de sens", ces deux slogans illustrent bien la déconvenue de la société dite, de consommation, comme générateur de l'âge d'or à venir.
"la société nous conduit dans une impasse et le mur du fond est très dur" crièrent ceux de Madrid relayés par d'autres dans plusieurs pays. Quel réalisme!
Commencerions-nous à percevoir enfin que le bonheur n’est pas dans l’avoir, l’affairement et la prolifération à l’infinie de tout?




Il est à craindre pourtant la récupération de ces manifestants visionnaires par les démagogues de ce monde moyennant une profusion de promesses nouvelles, illusoires une fois de plus, celle, entre autre, d’obtenir plus, pour consommer plus.
L’augmentation du pouvoir d’achat est le hochet le plus primaire agité à la face du peuple.
Cette fuite en avant devient un engrenage véritablement machiavélique et pervers car il est fondé sur l’accroissement permanent de la population mondiale jusqu’à saturation. Chacun peu comprendre aisément qu’un jour la planète ne pourra rassasier les vœux de tous les humains ni, constat plus alarmant, les nourrir tout simplement.
La vieille recette "du pain et des jeux", vraie course à la jouissance, est malheureusement encore au goût du jour. La peur d’oser le changement nous précipite parfois dans les mêmes errements. Ainsi les dictatures politiques ou religieuses se succèdent sur le dos des révolutionnaires éclairés qui ne sont malheureusement jamais écoutés.

L’histoire nous enseigne que les nouvelles économies se bâtissent sur les ruines des précédentes. Les nôtres seront certainement des montagnes d’ordures et des océans de déchets.
Ce ne sont certainement pas la multiplication des G 20 ni toutes autres manifestations théâtrales qui permettront aux rafistolages de dernière minute de sortir de ce système incontrôlable, rien n’arrêtera, semble t-il cette course folle jusqu’à ce que… tout s’effondre un jour !

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