L'ECCLESIASTE


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Dieu Père Noël ou Père Fouettard?

SPIRITUALITE

Les civilisations les plus primitives prirent l'habitude de considérer toute manifestations inexplicables comme provenant d'une ou plusieurs entités supérieures, dotées de puissances surhumaines. Elles se mirent à les craindre, cherchèrent à les apprivoiser et finirent par les adorer. Le vent, la pluie, le tonnerre, les arbres, les cours d'eau, etc. Avec le développement de la pensée, vinrent ensuite les dieux à visages humains. Les hommes se firent des dieux leur ressemblant physiquement, mais aussi moralement avec leurs vices ou leurs vertus (jalousie, colère, compassion, etc) Cette vision matérialiste du divin se nomme " anthropomorphisme".

Il est présent dans toutes les religions. La bible parle de la jalousie de Dieu et le coran de la colère d'Allah... sans oublier les foudres ou les amours bien charnelles de Zeus et les perversions sexuelles de certaines divinités grecques ou hindous.Ces icônes parfois enfantines, proches du Père Noël, ou du Père Fouettard, ramenant tout aux petites dimensions humaines, finissent par détourner ceux qui veulent se donner un peu la peine de réfléchir sur une éventuelle "puissance gérant l'univers". J'aime sortir de cette humanisation du divin pour lui donner une dimension à l'échelle galactique. Lorsque quelqu'un déclare "Dieu c'est la vie" je réponds par l'affirmative, d'ailleurs le nom hébreux de Dieu "Être" (verbe être) que l'on peut aussi traduire par "celui qui existe" ou "celui qui est" semble correspondre parfaitement à cette notion ( sens littéral, "Je suis celui qui suis", éternellement).
Mes amis Francs maçons parlent du "grand architecte" et ce terme est très estimable car il est moins porteur du lourd passé de bondieuserie mais aussi d'images d'horreurs collées à celle de notre "bon Dieu" occidental.

Car l'image transmise par la "chrétienté" au cours des siècles passés est, on ne peut plus déconcertante voir repoussante.
Devons nous rappeler ce qu'elle fut ?
Pouvoir absolu, corruption, simonie, richesse outrancière, manipulations, crimes abominables, massacres, exterminations, moeurs dissolues, fanatisme, superstitions .... Le "bon Dieu" du temps jadis finit par apparaître, pour beaucoup, comme un monstre. Dès lors, cette méchante caricature devient insupportable et se voit judicieusement rejetée par une grande majorité de nos contemporains. L'athéisme s'est élevé avec force et intelligence contre une altération abominable du divin et cette réaction est tout à fait salutaire. L'image léguée par ce que fut la chrétienté et sciemment je n'utilise pas le mot christianisme, n'est qu'une contrefaçon pervertie du personnage central révélé dans les évangiles.
Merci donc au siècle des lumières (XVIIIe) qui suscita enfin les prémices du développement de la pensée philosophique libre. Mais il ne faudrait tout de même pas que ces resplendissantes lumières nous aveuglent aujourd'hui... et nous conduisent comme souvent à jeter le bébé avec l'eau du bain. Il est si impulsivement humain de brûler ce jour ce qui fût adoré hier... Le prétexte est tellement facile de sa soustraire ainsi à toute réflexion sur le sujet.
S'il est judicieux de lutter contre l'obscurantisme religieux, il serait malavisé de se priver des sages enseignements antérieurs, car le passé eut aussi ses lumières.Comme devant un mauvais dessin, sans cesse maladroitement retouché et surchargé par des générations de mauvais artistes, il nous faut reprendre une page blanche et viser à tracer des lignes en harmonies avec une sage réflexion.
Offrons nous donc la page blanche.

Partir du vide absolu ? Difficile! Car nous avons tous en nous-même, depuis l’être primitif jusqu'à l'homme au niveau de réflexion mathématique ou scientifique le plus élevé, la pensée d'une intelligence supérieure. En y réfléchissant bien, on peut arriver à la conclusion raisonnable qu'il y a un domaine qui nous échappe.
Celui de l'animation autonome cellulaire nommé, vie.
Celui défini par le mot "éternité", n'ayant jamais commencé et qui ne finira jamais.
Celui du "sans limite" de l'univers avec ses méandres mystérieux et son évolution permanente.
Celui de l'infiniment petit, au sein des cellules et des molécules qui elles aussi obéissent à des lois rigoureuses.

A cette sphère, cette force de l'ordre du supra-humain, ce logos éternel de Platon, les humains ont donné des noms dont le sens a été très certainement détourné de sa signification originelle pour devenir même péjoratif : Le monde du divin, le ou les dieux, l'être céleste, le créateur, l'Éternel, le tout puissant, le chef des armées, le miséricordieux, le pardonneur, l’être inconcevable, etc...( L'islam en compte 99). De tout temps les humains n'ont eu de cesse de vouloir contrôler et s'accaparer cette notion en y mettant bien sûr un nom propre, bien défini, les faisant propriétaires de cette puissance au détriment de leurs adversaires, réminiscences des dieux claniques, lui attribuant un rôle bien précis tantôt Père Noël, tantôt Père Fouettard.
Les philosophes, eux aussi, ont cherché à en connaître la nature, la fonction, l'image. Pythagore n'enseignait-il pas, à ses élèves Grecs, que les corps célestes étaient de l'ordre des divinités ?
Mais la science refusant, ou écartant toujours la perception de la déité, nous pouvons entrevoir désormais les limites et parfois les faussetés des effigies proposées par nos aïeux.




Nous ne savons donc rien de la nature physique du monde du "divin". Ce mot a tellement été galvaudé, mis dans toutes les sauces, dirons nous, et même les plus répugnantes...!
Malgré cela, un fait demeure et je le rappelle : Une très large majorité d' humains cultive dans l'intimité l'idée du divin , même s'il est de bon ton, en société, de la ridiculiser.
Alors, m’associant et soutenant cette majorité silencieuse et souvent bien pensante, il y a des questions qui s'imposent.
S'il y a une "énergie, puissance, force" invisible (donnez-lui le nom que vous voulez) qui environne le monde du vivant, celle-ci a t-elle une intention intelligente particulière pour nous ?
Qui peut répondre à cette interrogation sinon les "scientifiques théologiens"! Pardon ? Cette expressions vous semble incongrue ? Et pourtant...

Il y a des scientifiques qui étudient l'astronomie, la physique, la philosophie, la géologie, la biologie et nous exigeons d'eux, qu'ils exposent après démonstrations, leurs révélations et leurs conclusions. Ils ne sont pas légions ceux qui remettent en doute celles-ci. De l'évolution des espèces à l'expansion de l'univers, en passant par les nanotechnologies, la matière et l'anti-matière, aucune de ces théories ne dérange, personne ne les remet en cause, bien que ceux qui les ont vérifiées se comptent sur les doigts de la main. Pourquoi ferions nous donc les septiques pour des questions aussi intéressantes que l'éternité, l'origine de la vie, la souffrance, la mort, l'âme, le monde invisible, etc ? On fait des études jusqu’à BAC + X dans biens des domaines et par ailleurs on s’arrête après 3 années de catéchisme...vers 13 ans; A croire que l'intérêt pour Dieu cesse avec celui du Père Noël! Il y a un préjugé, stupide et malhonnête dans le refus d'étudier certains sujets sous prétextes qu'ils ont été instrumentalisés par des manipulateurs issus de tous les mouvements religieux, qu'ils soient rabbins, curés, pasteurs, imams, grands prêtres ou gourous. Pourtant la théologie est présente dans plusieurs universités, preuve du sérieux de l'enseignement de cette dicipline.

Après tout il fut un temps ou les événements cosmiques mais aussi les connaissances médicales ou scientifiques étaient utilisés pour maintenir une couche de la population dans l'ignorance afin de l'assujettir tremblante sous réelle dépendance. L'histoire nous rapporte que certains chefs de tribus menaçaient leurs peuples de ne pas faire lever le soleil....
Une fois rejeté l'autoritarisme sur la connaissance, chacun peut avoir accès à la réflexion et aux démonstrations de la science même dans le mystérieux domaine de la spiritualité.
Ce n'est donc pas parce que depuis des millénaires les hommes ont été traités sur le plan spirituel comme des moutons qu'il faut tout écarter en bloc. Même si cette forme de pression, d'assujettissement existe encore dans certains milieux, l'homme finit toujours par se libérer des fausses croyances et des superstitions. Il suffit de laisser mûrir l'histoire.

Bien sûr beaucoup me diront, mais pourquoi, pour une même science, plusieurs théories et images différentes sont proposées ?
Là intervient un facteur humain, commun d'ailleurs à toute science : la limite de notre perception de certains concepts, liés à notre milieu culturo-temporel offrant ainsi une alternative bénéfique de cheminements variés.
Ce fut le cas au moyen âge, où la médecine attribuait la transmission des épidémies à des "miasme" de l'air, l'ignorance étant grande, bien sûr, des virus et bactéries. Néanmoins en éloignant les bien portants de ces "miasmes" entourant les malades, les Diafarus limitaient pourtant la contagion. Peu importe que ce cheminement culturo-temporel ait été erroné, les moyens (ou connaissances limités) enseignés à l'époque conduisaient à un résultat positif primant avant toute autre considération.
Je ne prendrais qu'un seul exemple mais vous pouvez en trouver d'autres parmi plusieurs civilisations menant parfois a des conclusions communes ou avoisinantes sur plusieurs sujets (astronomie, agriculture, architecture..)


En appliquant ce constat à la science de la théologie, nous pouvons arriver à l'acceptation qu'une diversité de cheminements bien différents peuvent conduire à la même finalité générale.
L'Inuit ou l'Apache du XVIIIe siècle, les tribus animistes d'Afrique ne connaissant que le chamane ou le sorcier suivaient une morale qui en valait bien un autre.
La multiplicité des religions et les images que s'en font leurs pratiquants, peuvent nous conduire à considérer que la recherche perpétuelle, sur tous les continents de la spiritualité et du divin soit un faisceau de présomption de sa réalité. Dans n'importe quel domaine scientifique, même dans le cadre juridique, en l'absence de démonstration ou de preuves formelles souvent réservées à une minorité, le faisceau de présomption doit être honnêtement pris en compte. La recherche s'effectue immanquablement vers un but, un intérêt. Le chercheur sait ce qu'il recherche, même si ce qu'il trouve ne revêt pas l'image originelle de ses pensées.




La plupart des négationnistes du divin ou au contraire ceux qui professent et pratiquent une croyance, ne sont souvent que des ignorants qui s'approprient les déductions parfois d'autres ignorants sans avoir eux même approfondi le sujet. Mais il y a aussi de plus redoutables personnages, ceux qui savent tout, ont tout découvert, et tentent par tous les moyens d'imposer aux autres leurs certitudes. Il est très efficace pour nuire à une cause d'en présenter subtilement une mauvaise image. C'est ainsi que des efforts doivent être fait pour nous éloigner des anthropomorphisme, du Dieu Père Noël pourvoyeur de toutes les récompenses ou Père Fouettard maquignon infernal.

Même si nos recherches nous éloignent des cérémonies et rites des bons pratiquants, même si nos questions dérangent et nous dérangent nous-mêmes, osons les poser et remettre en jeu les réponses millénaires...
La fidélité envers Dieu passe t-elle obligatoirement par la soumission à un clergé ?
Une chevelure est elle au XXe siècle un attribut sexuel au point de la voiler ?
Mon développement personnel est-il lié à la fréquentation d'un lieu de culte ou à mes recherches personnelles ?
De quel côté vais je continuer mon chemin ? Celui de la réflexion ou du parti pris nihiliste ?
Suis-je toujours à croire au Dieu Père Noël ou Père Fouettard ?
Les moutons de Panurge, eux, ne se posent même pas de questions, la paix et le bonheur sont-ils au bout de leur chemin ?


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