L'ECCLESIASTE


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Droits et devoirs

ACTUALITE

Récemment une jeune adolescente demandait à sa mère : Dis moi, maman, à 18 ans, j’ai droit à quoi ? (Authentique, et la maman me pardonnera de citer sa fille) Le " droit à quoi " sous entendait, allocations, RMI, logement, aide à ceci, aide à cela, etc. Je ne sais quelle réponse a été obtenue.
Mais j’ai reconnu beaucoup de personnes lui ressemblant, par leurs démarches, lors de certaines émissions radiophoniques ou télévisées, durant lesquelles nos chers candidats à la prochaine présidentielle sont interrogés avec angoisse par des intervenants issus des 4 coins de l’hexagone. Comme à la cour des miracles, chacun attend du futur élu la solution à son ou ses problèmes.
Que ferez vous pour les enseignants ? Pour les agriculteurs ? Pour les PME ? Pour les impôts ? Pour les retraites ? Pour la défense ? Pour airbus ?
La liste était si longue que je m’attendais à voir accourir les aveugles et les paralytiques, les galeux et divers pestiférés en quête du miracle émanant du futur gourou de notre pays. « Demandez et vous recevrez », mais là je cite l’évangile selon St Jean.
Pourtant l’attrait est bien là, les promesses font bouger les foules, les sondages en témoignent. Peut-on satisfaire tous les désirs, même légitimes, plaire à tout le monde et plaire à son père en même temps, comme le conteste le dicton ? Je me méfie donc des promesses, et plus il y en a, plus j’ai des doutes. Chacun tire la couverture vers ses intérêts personnels, et ils sont aussi nombreux que divergents. Le général De Gaule disait, " comment voulez vous gouverner un pays où il y a plus de 350 sortes de fromages…. " Chacun veux l’intégralité de ce qu’il estime un droit, sans penser que cela peut représenter le refus du droit d’un autre, quand ce n’est pas le droit à sa survie. Et cela, même au détriment des intérêts collectifs. Ah, voilà un bien grand mot ! L’intérêt de la collectivité.
Et puis il y a autre chose qui me dérange. Personne ne croit en l’honnêteté de l’autre, chacun pensant au contraire être volé dans sa part de fromage ; Ces deux éléments, le refus de considérer l’intérêt de la collectivité, et la mise en doute de l’honnêteté de la partie adverse, ont favorisé et favoriseront encore bien des naufrages.

Il y avait près de chez moi une belle entreprise de jouets. Face à la concurrence chinoise, il a fallut réduire le nombre d’ouvriers, le temps de sortir d’autres modèles, avec d’autres matériaux plus économiques. Mais voilà, la solidarité des travailleurs a conduit tout le personnel à une grève jusqu’à ce que la direction finisse par annuler les mesures prises. Le stock restant dans les entrepôts, l’argent n’est plus rentré du tout. 6 mois après, cette société Perpignanaise, qui était reconnue dans le monde entier a fermé ses portes pour toujours.
Je pourrais citer plusieurs cas d’entreprises coulées par des syndicats trop exigeants ne regardant que l’intérêt immédiat des employées, alors qu’un peu de patience aurait permis de sortir celle-ci d’une crise passagère. Non, " on " ne croyait pas le comité directeur, les patrons sont tous des enrichis qui bouffent la laine sur le dos des ouvriers. Cet esprit de blocage, typiquement Français, certainement issu de la révolution française, et des grandes luttes de Zola ou du début du siècle dernier envers le patronat, n’est-il pas justement d’un autre siècle? Bien sur je ne justifie pas certaines prises de bénéfices exagérées (le mot est faible), les " primes " outrancières de départ, et les patrons voyoux, mais ce qui fait vivre la plupart des ouvriers aujourd’hui, ce sont les petites et moyennes entreprises, qui tournent presque à la petite semaine, cherchant à remplir le carnet de commande, jonglant avec de petites trésoreries. Dans tous les conflits, c’est le manque de compréhension des intérêts et des droits adverses qui conduisent à des négociations douloureuses. Ne dit-on pas " un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès ". Mais l’art du dialogue doit se cultiver à la foi chez les employés et chez les patrons, car il y a aussi des patrons qui coulent leur entreprise par intransigeance. Ne m’accusez pas d’être partisan car je suis à la fois, employé, copropriétaire, et actionnaire de plusieurs sociétés. Ce sont elles qui me font vivre, et prenant garde de n’en couler aucune, j’ai du céder parfois sur mes intérêts pour soulager la majorité, estimant préférable perdre un peu et même beaucoup que tout perdre. Tant que nous restons une société de conflit (tous les acquis sociaux ont été arrachés le couteau sous la gorge) le fossé se creusera entre celui qui réclame haut et fort " a quoi j’ai droit ? " et celui qui participe, par différents efforts, à l’enrichissement de tous.
-" Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez vous plutôt ce que vous pouvez faire pour lui ". (John Kennedy, discours d’investiture à la présidence des Etats-Unis). Il fallait un sacré culot pour prononcer ces mots, mais ce président là, n’était plus en campagne électorale, il pouvait se le permettre.
Cette belle phrase, placée en arrière plan de toutes les émissions politiques actuelles, conduirait prétendants aux solutions miracles, animateurs et sollicitant à plus de réalisme, c’est du moins, ce que je crois.

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