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Enfants soldats

SOCIETE

ENFANTS SOLDATS

L'UNICEF enregistre actuellement 300 000 enfants se livrant de gré ou de force au métier des armes. L'enrôlement de jeunes hommes a un avantage certain, celui d'un terrain malléable à souhait dans lequel l'idéologie germera et fleurira jusqu'au martyre.

Cette pratique n'est pas nouvelle, les Spartiates s'entrainaient au combat dès l'âge de 6 ans, les Aztèques devaient ramener leur premier prisonnier vers 12 ans et notre roi soleil créa la compagnie de cadets pour les adolescents de 16 ans.
En 1914 quelques jeunes de 14/15 ans ont falsifié leurs papiers d'identité pour aller au combat et bien sûr il ne faut pas oublier de citer les jeunesses Hitlériennes et ces enfants de 12/14 ans qui, dans des uniformes trop grands, armés de quelques grenades, défendaient Berlin face aux troupes Soviétiques…
Les jeunes gamins Palestiniens de l'intifada n'ont guère innové, sinon leur armement : des pierres, devant les blindés Israéliens.

Mais quel évènement me porte en ce début du mois de février 2014 à cette réflexion ?
Récemment plusieurs reportages ont été consacrés aux révolutions Arabes, et j'ai souvent été surpris de constater dans les cortèges de manifestants, des jeunes enfants brandissant des pancartes, pro ceci - anti cela, que ce soit en Tunisie, Lybie, Egypte ou en Syrie.
Comment peut-on laisser un jeune enfant, parfois un bébé dans les bras de sa mère, scander des slogans politiques, même au nom de Dieu ?
Faut-il s'étonner alors de retrouver ceux-ci arborant fièrement une Kalachnikov entre leurs mains ?
Faut-il s'étonner alors de voir un père, une mère, brandir en hurlant sa progéniture ensanglantée devant les caméras suite à des tirs des forces de l'ordre?

Non, ce ne sont pas ces évènements qui m'ont interpellé car je me disais, à l'abri dans mon insensibilité occidentale, " autres pays, autre religions, autre politique, autres mœurs ".
On ne verrait pas ça chez nous en 2014 !

J'aurais pu pourtant prévoir, en voyant dans un défilé à Paris, des gamins enturbannés aux couleurs Palestiniennes défendant la cause de ce peuple du moyen orient, que la frontière avec la folie n'existe pas. Je dis bien la folie et non la bêtise, car impliquer quiconque, a fortiori un enfant, dans une problématique qui ne le concerne pas, indique une manipulation répugnante de la part de tous ceux qui exercent une quelconque autorité : parents, clergé, enseignant, politique, etc.
Et puis je vois, ces jours, ci les images d'un cortège de manifestants traversant les avenues parisiennes, " bon chic bon genre ", propres sur eux, de bonnes familles, venues de toute la France, avec leurs enfants réclamant en chanson la protection de la famille française…

Je ne juge pas là, idem dans les autres cas cités, la légitimité de la cause, ce n'est pas mon propos. Seul le fait de mêler l'innocence de ces petites têtes blondes ou colorées, comme autant de boucliers humains qui nous scandalisaient lorsqu'ils protégeaient les troupes de Kadhafi ou Saddam Hussein, mérite d'être jugé et condamné.
Il est si fréquent qu'un cortège pacifique et bon enfant dégénère en émeute de rue, certains y vont, parait-il, pour casser le mobilier urbain, les vitrines, brûler des voitures, des poubelles quand ce n'est pas pour piller des vitrines de magasins. La présence policière en est la preuve irréfutable.

Que deviennent ces petits bouts de choux de 3 ou 4 ans juchés sur les épaules paternelles en cas de ruée, de panique, de violence qui émaillent bien souvent ce genre de manifestations !

Mais, même si tout reste bon enfant, si tout se déroule dans une atmosphère festive et dans la bonne humeur, peut-on accepter de la sorte une violation des droits de l'enfant à rester enfant ?
La fragilité émotionnelle, la naïveté infantile, ne devraient-elles pas être soigneusement protégées ? Bien des parents (certains parmi ceux cités plus haut) s'insurgent pourtant, sûrement avec raison, contre les élections des " mini miss ", l'érotisation de la mode enfantine, l'utilisation des enfants mannequins ou parfois devant des réformes scolaires jugées inadaptées. Que ne lisent-ils pas plus souvent les 54 articles de l'Unicef sur la convention internationale des droits de l'enfant proclamant, par exemple, que " l'enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d'une protection spéciale et de soins spéciaux…" ? la violation de cette protection élémentaire ne fait que les prédisposer à se placer un jour en première ligne de combats que nous ne leur souhairions pas.

Ne nous étonnons pas alors de voir des préadolescents s'adonner à des commerces illégaux, jouer du couteau ou des jeunes gens s'envoler vers l Afghanistan, la Syrie ou autres pays en guerre, soutenir une cause dont ils ignorent en totalité les tenants et les aboutissants et d'autres embrigadés dans des communautés religieuses radicales dont ils ne sortiront, s'ils en sortent, qu'avec bien des séquelles. " J'ai gâché ma jeunesse ", voilà une phrase souvent entendue, après les mauvaises expériences de ceux qui ont été de la sorte impliqués prématurément dans des conflits qui ne leur appartenaient pas. Leurs petites épaules peuvent elles porter l'avenir de nos sociétés?
Le proverbe déclare " instruis l'enfant selon la voie qu'il devra suivre ", celle-ci serait-elle impérativement celle de ses ainés ?
Militer pour la cause des parents, la religion du clan, les réflexions de l'entourage, dès son jeune âge, est ce cela grandir?

Loin de là, adhérer à ce dogme, c'est refuser toute évolution de la société, de la pensée, et si certains n'avaient osé s'affranchir des tutelles du temps jadis, nous en serions encore à brûler les scientifiques, les opposants, ou à la religion unique, aux mariages forcés, à la royauté de droit divin, à la dictature de la pensée unique.
Laissons plutôt mûrir, pas à pas, les " fruits de nos entrailles ", nourris de sagesse, de raison et de prudence dans la libre analyse des évènements, il sera toujours temps pour eux de s'engager, selon leurs propres aspirations, dans la voie qui les démarquera de tout comportement excessif.

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