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Identité nationale

ACTUALITE


La question de l’identité nationale a fait son apparition dans la dernière campagne électorale, et, comme bien souvent les mots même pas refroidis, chaque opposant politique se lance, drapé dans je ne sais quel voile de vierge outragé, frisant le ridicule, sinon la bêtise, à l’assaut de mots dont bien peu pourraient dire les avoir compris. Du karcher de Nicolas à l’encadrement militaire de la jeunesse, prôné par Ségolène, ce principe fait toujours hurler les loups, de préférence, de la meute opposée.
Je ne veux donc pas hurler à mon tour, mais essayer de comprendre ce qui ce cache derrière les mots, particulièrement savoir si nous pouvons parler d’identité nationale et dans ce cas, ce qu’elle peut être, ou ne pas être.
Max Gallo, historien, auteur de nombreux ouvrages consacrés à notre beau pays, y voit une réalité certaine, affirmant que de nombreux autres historiens, Jean Michelet (1798-1874), Ernest Renan (1823-1892), Marc Bloch (1886-1944), Fernand Braudel (1902 1985), ont été, peut être, les précurseurs de cette notion ( La Croix mars 2007).
L’identité nationale est elle liée à notre histoire commune ? Certainement pas, car il y aurait alors des anciens Français, " de souche ", puisant leurs racines jusque dans la Gaule chevelue d’Astérix et puis les plus récents, les Bretons Francisés au 14eme siècle, les Catalans, au 15eme siècle, les Corses, au 16eme siècle, les Béarnais en 1589, les Bordelais, Alsaciens, Niçois, Antillais, Réunionnais, etc. La primauté des uns n’a jamais donné lieu à quelque revendication ou avantage particulier qui ferait des uns plus ou moins Français, laissant les nouveaux arrivés sur la touche. Quand ont est Français on l’est à 100%. Les termes de Français de " première " ou de " seconde " génération, pourtant tellement employés, donnent une indication de valeur qui me gêne quelque peu, pour ne pas dire qui m’irrite profondément.
Certains peuvent définir la nation selon des critères comme la race ou l’ethnie. C’est ainsi que l’ont défini les philosophes allemands, tel Fichte (XIXeme) et nous avons vu au cours du siècle précédant combien cette vision pouvait se révéler épouvantable.
Mais pour Ernest Renan, la nation, est constituée de ceux qui veulent vivre ensemble (discours prononcé à l’académie Française en 1882 : Qu’est ce que la nation ?).
Je ne pense vraiment pas que la définition à l’allemande( de l'époque) soit celle qui doive être retenue. Elle est inhumaine. Ceux qui pensent ainsi ne peuvent être que d’une triste minorité.
Je préfère de loin celle de l’historien Alain Bergounioux, (inspecteur éducation nationale, secrétaire national de la communication du parti socialiste en 93) qui utilise le terme d’identité "Française", au cas ou le mot National rappellerait à certain le mot nationalisme dont les définitions de l’encyclopédie suivent :
Le nationalisme c'est la volonté d'un peuple, d'une identité commune, de posséder un territoire national
Le nationalisme peut aussi être la volonté d'une nation de montrer sa supériorité aux autres nations
Le nationalisme est une idéologie imprimée sur un peuple, par ses gouvernants et destinée à conforter leur pouvoir
Tout un programme !
Donc, si l’identité nationale est synonyme de " vivre ensemble " nos différences, qui s’éleverait contre cette idée, qui loin d’être utopique, est la seule issue pour la paix sociale ?
Cela ne représente pas un état stationnaire figé, car bien des choses évoluent en France. Les lois changent, (vote, avortement, divorce, égalité des sexes, etc.) la culture s’enrichie (musique, cuisine, langue, religions).
Il faut donc que tous les Français acceptent de vivre ensemble dans le respect des lois de la nation qui nous protègent les uns des autres dans nos différences et parfois de nos différences.
Je ne peux pas enlever mon enfant en cas de divorce, imposer, ni une excision ni un mariage à ma fille, je ne peux pas rejeter un employé ou refuser d'embaucher selon des critères raciaux ou religieux, même si parfois cela me gène quelque part. J’ai, comme chacun sans doute, ma part de thèmes sur lequel je ne suis pas d’accord avec certaines lois, car elles gênent ma liberté, ou ma conscience, mais j’accepte le principe de la majorité pour qui ma liberté pourrait être une gêne.
Ce " vivre ensemble " ne peut se faire que dans le respect des institutions ; liberté égalité fraternité ne doivent pas être de vains mots issus d’une lointaine tradition révolutionnaire.
Je sais que certains revendiquent le droit de vivre leurs lois, de rester maîtres de leurs coutumes, de vivre d’une économie parallèle, mais ces cas sont assez marginaux (communautés agricoles, philosophiques, parfois ethniques, ou helas, quelques fois, maffieuse etc.). Tant qu’ils ne nuisent pas à leur famille, à l’entourage…Certains pourtant vont trop loin en enfreignant les lois. Il faut reconnaître qu’il est nécessaire d’avoir un pouvoir (ah, que ce mot semble détestable !) possédant une certaine vigilance, une certaine force, pour canaliser, voir maîtriser les tendances centripètes, qui cherchent, pour des raisons qui sont les leurs, à déstabiliser la belle unité qui pourrait se créer dans notre pays.
Ne pas partager ensemble des structures solides, justes et stables de société, des valeurs communes, égalitaires et généreuses de notre " Françaisité " (je cède à la mode des mots nouveaux) c’est prendre le dangereux chemin menant tout droit au communautarisme.
Donnons aux mots leur plus noble signification. Tout possesseurs d’une carte nationale d’identité Française est Français et doit se comporter comme tel.

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