L'ECCLESIASTE


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Image parentale

PSYCHOLOGIE

à 6 ans: "papa sait tout!"à 10 ans: "papa sait beaucoup de choses!"à 15 ans: "j'en sais autant que papa!"à 18 ans: "décidément, papa ne sait pas grand chose!"à 30 ans: "nous pourrions tout de même demander l'avis de papa!"à 40 ans: "papa sait quand même quelque chose!"à 50 ans: "papa a raison!"à 60 ans: "ah! si nous pouvions encore le demander à papa!"
Ca c'est mignon, trop mignon, en fait c'est d'un angélisme si rare pour ne pas dire bebête qu'il apparaît en définitive comme pratiquement irréel. La vérité, à écouter les grands enfants est une toute autre chanson.
"Parents si vous saviez quelle image vos enfants ont de vous!..." déclarait un jour un psychiatre au cours d'une de ses conférences.



Alors que j'étais juré en cours d'assise, nous eûmes droit à la longue plaidoirie de la défense, revenant, après l'avoir bien détaillé, sur le vécu tumultueux de certains des accusés durant leur enfance. L'un d'eux connut une éducation à autorité fluctuante, passant de la violence au laxisme, sans suivi scolaire, ni aucun rythme stable de vie (heures des repas, du coucher).
Un autre accusé venait d'un milieu tout à fait différent. Foyer aisé, les parents ayant de bonnes situations, les enfants ne manquaient apparemment de rien, argent de poche, moto, sorties, week end libres, mais là, aucun contrôle ni du temps ni de la gestion financière, ni des fréquentations, pas le temps. Dans les deux cas les parents marquèrent l'éducation de leurs enfants par un réel absentéisme éducatif.
Ainsi si aux assises l'enfance de l'accusé est pesée, analysée, voir psychanalysée, combien nous faut-il veiller à notre comportement en tant qu'éducateur familial. Toutes nos relations sont le fruit d'un germe et d'une croissance familiale et la bonne entente dans les familles grandissantes en dépendent immanquablement, même si nous n'engendrons pas de délinquants.


Nous sommes tous lâchés dans la vie d'adulte avec non seulement un bagage d'instruction, bien visible, ficelé pour certains par différents diplômes, mais aussi par un capital éducatif qui peut, dans certains cas, être un véritable fardeau handicapant l'insertion du jeune adulte dans la société.
Nous sommes tous dans la peau de l'enfant et un regard en arrière nous révèle ce qu'ont été nos parents. Un jugement de valeur se manifeste un jour ou l'autre dans notre vie concernant nos géniteurs. Les erreurs éducatives apparaissent parfois si crûment que le doute surgit, chez tous les adolescents, ai je été désiré, enfant de l'amour, attendu, aimé de mes parents? Suis je le fruit d'un hasard total, d'un "accident" comme on l'entend souvent ? Les mensonges protégeant un secret familial, une punition injustifiée, des brouilles avec les grands parents, les disputes avec les oncles ou les cousins, tout peu à peu révèle une vérité toute autre. Un certain verdict tombe avec l'angélisme de l'enfance.



Certains diront "ma mère était méchante et autoritaire on la craignait ou mon père radin, était toujours à la pèche ou à la chasse ou au café avec ses copains ne prenait jamais de temps pour moi etc etc". Tout autre scénario peut être imaginé, la mère apparemment généreuse donnant de l'argent à son enfant pour aller au manège juste le temps de recevoir son amant, ou le père, (l'oncle ou le grand père) finançant le silence de sa progéniture témoins ou victime de quelque déviation. Tout, tout, un jour fait surface. Nous sommes l'aboutissement de ces familles panier de crabes, ou de nids duvetés de non dits, de silences opaques. Nous sommes de nouvelles maisons parfois bâties sur des fonds instables et vaseux. Le pire est qu'il se soit créé une relation parent-enfant "sado-maso", l'enfant, victime d'un abus de pouvoir de l'un de ses parents, continue cette même relation en tant qu'adulte, n'arrivant pas à briser le lien de souffrance, seul lien connu par lui prouvant son existante au sein du clan. Il s'agit là d'un infantilisme perdurant à travers la maturité. Ainsi des hommes ou des femmes mariés, sont toujours "soumis" à leur mère, d'autres n'arrivent pas à s'affranchir du "qu'en dira t-on " de la tribu et n'osent pas faire des choix personnels prouvant ainsi qu'ils ne sont pas encore adultes, même s'ils sont eux même parents.


Devenir adulte nécessite de briser les liens de dépendance affective (et matérielle bien sur), j'ai précisé "dépendance". Dans les pires cas les psychiatres voient des enfants abusés protégeant leur bourreau familial avec amour, s'accusant d'être punies de méfaits imaginaires. Nous sommes ces enfants là, portant plus ou moins le poids d'erreurs éducatives plus ou moins conséquentes.


Mais pas seulement, car peut être avons nous nos propres enfants; Dans ce cas quelques questions doivent être posées. Quel parent suis je? Quels souvenirs emporteront dans leur vie d'adulte mes chers petits si aimants? Que diront-ils de moi le jour ou libérés de la tutelle familiale leurs yeux s'ouvriront sur nos colères, jalousies, égoïsmes? Qui peut soupçonner que parfois certaines familles, bien sous tous les angles, cachent l'alcoolisme du père ou de la mère, les disputes, les cris, les préférences ou injustices et les colères incontrôlées de l'un de ses membre? Car les familles se lâchent justement dans l'intimité du foyer et se retiennent hypocritement en public comme si le regard des étrangers était plus importante que celui de leurs aimés. Suivant les réponses, ne serait-il pas temps de réflechir, selon les termes du psychiatre, à l' image que nos enfants auront de nous? Trop souvent le parent est sûr de son bon droit, rarement conscient des erreurs commises dans l'éducation de ses enfants. Ce monolithisme parental nuit à toute vraie communication - parent et enfant - devenu adulte. Rien n'est dit, chacun campe sur ses positions croyant avoir le regard juste sur des tensions familiales mises entre parenthèses.



C'est vrai qu'il n'est pas facile en tant que parent de dire à son enfant, je me suis trompé, je n'ai pas été un très bon père (mère) pour toi, pardonne moi. Mais cela peut s'écrire aussi. Comme dans tous rapport avec l'autre, il faut savoir s'arrêter pour réfléchir et ne pas considérer que nous sommes parfaits, et nos actions idéales.
Quelque soit notre age poussons la curiosité et le courage de demander à notre enfant, surtout s'il est adulte, quelle image gardes tu de moi en tant que parent ? Quelles erreurs de jugement, de décision, quelles injustices t'ont marquées, quelles explication peut-on y trouver ?
Nos chers petits devenus adultes mettent fin à la situation dominant-dominé, ils deviennent des partenaires à égalité de pouvoir et si parfois nous leur avons manqué de respect, à tors d'ailleurs, lorsqu'il étaient enfants, ils y ont droit tout autant que nous.
Le bloc parental étant quelques fois impénétrable, les enfants adultes confient leurs misèrent éducatives à des amis ou des psychologues, cela à un bon effet thérapeutique pour eux, mais pas pour les parents.
Pourtant ces tensions familiales, pouvant se reporter sur plusieurs membres ou générations, se dénoueraient aisément si nous pratiquions cette thérapie en famille.
Mais déjà, désirer donner à ses enfants et à son entourage familial une bonne image de nous, qu'ils emporteront lorsque nous n'y seront plus, incite à adopter une conduite plus respectueuse des personnes vivant sous notre toit par la maitrise de nos pulsions caractérielles.

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