L'ECCLESIASTE


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La bonne soupe

RECITS DIVERS > Humour

une histoire drôle? mais pas si drôle



L’histoire se passe dans une cafétéria sociale, genre soupe populaire, fréquentée par des consommateurs généralement à faibles revenus.
Une vielle dame solitaire prend un plateau y pose une assiette de soupe fumante et apres avoir réglé symboliquement son dû de quelques piécettes, prend place sur une chaise devant une des nombreuses tables de la salle à manger. Mais elle s’avise qu’elle a oublié une cuillère. Elle se lève pour en chercher une. Lorsqu’elle revient, qu’elle n’est pas sa surprise de voir une espèce de clodo en train de manger sa soupe car lui avait bien une cuillère?
Quel culot celui là pense t-elle !



Mais, décidant de ne pas se laisser marcher sur les pieds, elle s’assied en face du dîneur, et tirant l’assiette vers elle y plonge sa cuillère pour manger sa soupe. Son voisin se met à rire de bon cœur et à son tour, tire l’assiette vers lui pour prendre sa part. Chacun l’un après l’autre répète le geste jusqu’à épuisement du bienfaisant liquide sans qu’aucun mot ne soit prononcé.
L’assiette vide, le jeune homme se lève et revient avec une plantureuse assiette de couscous, sur lequel trônait deux beaux morceaux de poulet et deux fourchettes. Il pose le tout entre la vielle dame et lui, la poussant à se servir.






Finalement, ce doit être un brave type, pense la dame, un peu pommé sans doute mais pas méchant.
Une fois le repas achevé, le garçon se lève en prenant l’assiette vide pour la ranger, dit " merci pour votre compagnie" à celle qui a partagé sa table et sort. Il vient juste de regagner la rue que la dame regarde la chaise vide et constate que son sac à main accroché au dossier de celle ci a disparu.

Je me suis fait avoir, dit elle tout haut, "ce jeune voyou m’a volé mon sac" lance t-elle à la ronde!
Se retournant pour chercher quelque soutien parmi les dîneurs, elle découvre accroché à une chaise devant une autre table restée vide l'objet de son souci, son sac à main.
Soulagée, elle réalise qu’elle s’est trompée de table.
Mais alors, ce n’est pas le clodo qui a mangé ma soupe, c’est moi qui ai mangé dans sa gamelle, il m’a payé le couscous, le poulet et il m’a dit merci en partant! Cette pensée la fit sourire même si elle se sentit un peu honteuse dans ses jugements prématurés.


Il parait que cette histoire est vraie, mais peu importe, elle est une vraie parabole. Elle illustre une recommandation difficilement compréhensible et révolutionnaire prononcée par Jésus lors du sermon sur la montagne, nectar de toutes paroles prononcées par ce personnage.
"Si quelqu’un te querelle pour prendre ta tunique, donnes lui aussi ton manteau"(Matthieu chapitre 5 ) ,

"Si quelqu’un querelle pour prendre ta soupe, donnes lui aussi ton couscous et ton poulet"
La leçon est indigeste, le possédant est dans son bon droit. Mais l’est-il vraiment?
Notre bonne bouffe ne s’est elle pas élaborée au détriment de tant de matières premières pillées chez nos voisins qui voudraient manger eux aussi dans notre gamelle qui déborde.

Ne jugeons pas aux apparences avec nos ventres pleins de soupe, cédant aux discours alarmistes de tous ceux qui crient au scandale envers les étrangers qui viennent manger le pain des Français. Le pain, il y en a chez nous, partageons le généreusement à tous les niveaux avant qu’on nous le dérobe avec violence.
Les actes suivent l’état d’esprit, c’est cela qu’il faut changer en profondeur.
Utopie?
Non, avenir individuel et planétaire.Notre société ne changera définitivement que lorsque le cœur des humains aura changé.


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