L'ECCLESIASTE


Aller au contenu

Menu principal:


La conscience

PSYCHOLOGIE

A la suite d'un précédant article, analyse comportementale, j'ai reçu la question suivante :
"Dans le schéma, SITUATION = REFLEXION = EMOTION = COMPORTEMENT, où placer la conscience?"


Qu'est donc d'abord la conscience?

Chacun peut y aller de sa définition personnelle: une petite voix intérieure qui dicte notre conduite, ou pour les religieux, la voix divine, se disputant avec le diable tentateur, alors que pour d'autres, il s'agit d'un élément perturbateurs à nos libertés individuelles un empêcheur de tourner en rond
"Sentiment intérieur permettant de juger ce qui est bien ou mal trouve t-on sur l'encyclopédie". Il s'agit là de la conscience morale.


Lorsque le terme de conscience est utilisé, il faut d'abord en définir le ou les sens.
Conscience : du grec, con = avec et science = savoir. Ainsi la première définition est "avec savoir". Ce sens se retrouve dans "prendre conscience" d'une situation, d'un événement.
Ex: Je prends conscience que, s'il est 8h 30 et qu'ayant rendez vous à 9h, si je ne me dépêche pas, je serais en retard...
Mais la question qui m'a été posée, à propos de l'article "analyse comportementale" était : "Où placer la conscience?"
Dans le schéma de cet article " situation=réflexion=émotion= comportement", la conscience, "avec savoir" se situe semble t-il au niveau de la réflexion, de l'analyse de la situation.
Je réalise que la situation , "il est 8h30 et j'ai rendez vous à 9h" est grave, surtout si je sais, pour l'avoir déjà effectué, que j'ai une demi heure de trajet...encore plus grave si mon patron est acariatre...
C'est la conscience "expérience".
La conscience là est donc l'analyse de situations par notre connaissance, expérience, notre vécu.
A part l'expérience, le vécu, la pédagogie peut aussi créer uneautre forme de conscience.
J'apprends que 2+2 font 4 c'est de la théorie. Lorsque je serai confronté à une réalité matérielle je vais utiliser ce savoir.
J'ai besoin de 4 piles je trouve dans le magasin des paquets de deux, il me faut donc deux paquets.
C'est la conscience "théorique".

Ces consciences (expérience et théorique) ne sont pourtant pas des lois d'obligation d'actes conformes. Par exemple, je sais qu'il me faut acheter 2 paquets de 2 piles mais si j'en ai envie, j'en achèterai 3. Bien sur j'en subirai les conséquentes, comme le gaspillage de mon argent. Je sais que si je ne me dépêche pas je serais en retard; si je décide de traîner, je subirai certainement des reproches ou autres problèmes. Ma liberté est à ce prix. Il semble donc que cette forme de conscience soit l'analyse d' événements par une loi qui va dicter ma conduite.

Mais nous n'avons pas tous, ni la même expérience, ni la même éducation! Donc pas tous la même loi, ni la même conscience.
Par exemple lorsqu'un peuple de l'antiquité, ou du moins à une époque que personne ne souhaiterait revivre aujourd'hui, prenait une ville, il était habituel de livrer la population conquise à la dure loi du vainqueur. Pillage, viols, esclavages, quand ce n'était pas extermination totale. Ceci choque la conscience occidentale "éclairée" par des lois d'amour, de compassion, de pitié, les droits de l'homme etc que nous avons engrangé au fond de notre cerveau progressivement au cours des millénaires passés.
Pourtant il y a encore de nos jours des groupes que nous condamnons, qui se livrent encore à ce genre d'actes barbares, même en Europe. Il suffirait peut être même d'une guerre sur notre sol, d'une révolution, ou de manifestation pour que, au nom d'une idéologie, plus forte que la loi précédente de nos consciences, tout bascule à nouveau, et cela s'est déjà vu.

La conscience en tant que loi, conscience morale, n'est pas infaillible. Il ya pourtant certaines personnes qui sont capable d'être intransigeantes avec la loi qu'elles se sont fixées. Il en est qui peuvent affronter le bûcher et les pires persécutions pour ne pas trahir ce qu'ils ont appris. Cela s'est vu aussi.

Mais parfois aussi certaines intransigeances peuvent céder devant des arguments solides, et heureusement sinon, comme des sots, nous ne changerions jamais d'idées.
Nous voyons que la conscience faite de nos acquis éducatifs, et j'englobe ici tout (société, traditions, culture, religion, politique, etc), et de nos expériences est très mobile. Si nous pouvons changer de conscience, c'est donc que nous avons toute latitude de contrôle sur celle ci, donc nous en portons la responsabilité! Elle n'est pas le moteur à nos vies, mais une sorte de GPS que nous avons au préalable programmé, et que nous pouvons, durant notre chemin, modifier en fonction des nouvelles connaissances et expériences que nous acquérons.
Mais qu'est ce qui nous permet donc de modifier les données de ce fameux GPS?
Si la conscience, comme nous avons essayé de le démontrer, se programme par le " savoir expérience", et le "savoir théorique", une nouvelle programmation est donc possible. Ce que nous apprenons, et ce que nous vivons nous est utile pour de nouvelles expériences et pour poursuivre notre chemin. Il faut tout de même veiller à ce que notre savoir ne s'avère pas trop rigide, au point de bloquer toute nouvelles connaissances.

Par exemple: J'ai appris qu'il était vilain de mentir, donc, je ne dis que la vérité. Voilà que je me trouve, en 1941, dans un immeuble à Paris au cours d'une rafle. Un Juif se réfugie chez moi me suppliant de le cacher. Dois je mentir si la police vient me demander si je n'ai pas aperçu un fugitif? J'espère que je violerai ma conscience en mentant pour sauver une vie. Merveilleuse souplesse de la volonté qui me permet de modifier un programme pour une raison majeure. Tiens, voilà que nous parlons de la volonté! Celle ci nous permet de garder le contrôle de notre conscience. Un ordre donné, quel qu'il soit, par qui que ce soit, (même par nous même) ne nous dédouane pas de notre responsabilité. Personne ne devrait être conduit a obéir à une loi contre un ordre supérieur de sa conscience. Et pourtant, que cette liberté de conscience fut chère, dure et longue à obtenir. Celle ci fut votée le 9 décembre 1905......(mais en temps de guerre, même celle d'Algérie, elle ne fut jamais respectée et de jeunes Français, objecteurs de conscience, furent emprisonnés, par des Français) .
Un de mes parents me racontait, un jour, qu'il reçut l'ordre de tuer, avec son bataillon, tous les habitants, y compris de jeunes enfants, d'un village en Indochine. Il garda, sa vie durant, cet acte barbare sur la conscience. J'ai obéi, malgré moi, m'a t-il avoué, j'aurais été fusillé en cas de refus. Sans doute ignorait-il, ainsi que ses supérieurs, la recommandation d'Albert Einstein "Ne fait rien contre ta conscience même si l'état te le demande".

La conscience humaine est la loi supérieure qui régit nos vie, celui qui tente de l'enlever est un vrai criminel. Cette avancée sociale, la liberté de conscience, que bien de pays n'ont pas, est une richesse inimaginable et pourtant peu de gens y prêtent attention. Sachant que, ce que l'on étudie, lit, écoute, expérimente, enrichit cette conscience, ou la modifie, avec quelle sagesse devons nous nous laisser pénétrer par la qualité du savoir ainsi que par sa variété! Si j'écoute toujours les mêmes discours, lis toujours les mêmes journaux, et regarde toujours les mêmes images, ne suis je pas en train d'être victime d'un lavage de cerveau, qui justement enlève toute liberté individuelle de jugement. Combien de fois entendons nous "ils l'ont dit à la télé?" Il y a, plus discrètement peut être, de véritables lavages de cerveaux, scientifiques, historiques, et bien sur, politiques et religieux. Eviter de tomber dans ces pièges nécessite d'éclairer sa conscience par une intelligence sans cesse aiguisée par la réflexion, basée sur l'étude, la comparaison de plusieurs sources d'information.
La conscience n'est pas, ce que beaucoup croient, une voix divine en nous, elle serait identique chez tous les humains. Elle se construit, évolue, s'affine, différemment selon notre culture. Elle est respectable et nous devons la respecter, avec prudence tout de même car elle n'est pas infaillible.


Nous découvrons, en définissant la conscience, que celle ci se situe, dans le schémas d'introduction, au niveau de la réflexion. Nous pourrions même dire qu'elle est un élément de la réflexion. La réflexion étant le questionnement, au sujet d'une action vue ou à accomplir, de notre expérience passée, la conscience est la référence de cette réflexion. Elle nous sert de code, de loi personnelle.
Les décisions que nous prenons pour nous même ou parfois pour autrui, sont autant de jugements que nous rendons suivant nos critères moraux. Mais rappelons nous que ces critères acquis par expérience ou théorie, ne sont pas les mêmes pour tous. Ainsi, autant il nous est facile de juger de nos propres actions, autant il est difficile de juger, critiquer, condamner celles de notre entourage, comme celles de peuples, d'autres civilisations, d'autres races, ayant des bases éducatives, civiles, morales, religieuses tellement différentes des nôtres.
Par exemple, notre société occidentale est très hésitante concernant l'épineux problème de l'euthanasie. Mais certaines cultures, comme chez les inuits, acceptaient que le vieillard ne pouvant plus être utile à quoi que ce soit, se laisse glisser du traîneau en marche et finisse ainsi sa vie.

Non, les Inuits n'étaient pas plus barbares que les chrétiens qui, à la même époque, pendaient un voleur de pain pendant que, sous d'autres cieux, une femme pouvait se jeter dans le bûcher funéraire de son époux ou un homme mourait sous la torture pour ne pas renier sa foi. Autre culture, autre conscience pourrions nous dire.



Personne ne peut se substituer à la conscience de l'autre. Imposer nos lois morales, civiles ou religieuses ne fait qu'attiser la haine, corollaire à tout acte de " colonisation", de conquête et même sous les termes apparemment nobles, d'évangélisation, conversion, islamisations, mise en valeur de territoire ou apport de la démocratie. La fin ne justifiant jamais les moyens, seule l'éducation sous toute ses formes, librement acceptée, le dialogue respectueux, l'échange des richesses culturelles de nos différentes civilisations, peut conduire l'humain à moins de barbarie. Il a fallut beaucoup de pédagogie pour libérer les pieds des chinoises ainsi que l'habitude de tuer leurs petites filles. Il en faut tout autant pour m'apprendre à respecter celui qui ne pense pas comme moi.

Notre conscience est à entretenir et à surveiller afin d'être toujours plus juste et nous permettre de saines réaction pour une une conscience toujours plus vive, comme une lampe éclairant nos pas, un phare repoussant l'obscurantisme.

Page d'accueil | ACTUALITE | PSYCHOLOGIE | SOCIETE | SPIRITUALITE | LES ECRITS SACRES | RECITS DIVERS | Plan du site


reflexions humanistes et spirituelles | serries.claude@orange.fr

Retourner au contenu | Retourner au menu