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Le mariage pour tous

ACTUALITE

Parler de mariage pour tous ne fut pas, dans le débat récent une formule très adéquate, En effet, mariage pour tous, sous entend tout être humain, quelque soit son sexe bien sur, mais également son âge ou ses liens de filiation. " Pour tous ", peut parfaitement inclure, les enfants, les frères et sœurs, les mères et les fils, les filles et les pères, ce qui n'entrait pourtant nullement en compte dans le souci actuel de nos hommes politique ni de l'opinion publique.
Il ne s'agit donc pas, de mariage " pour tous ", mais d'union entre personnes du même sexe. Tout le monde le comprend ainsi et l'appellation " mariage pour tous " est une phraséologie erronée et malvenue prêtant à toutes les confusions. Mais nous y reviendrons.
Parlons alors, dans le cas qui nous intéresse, de la loi sur le mariage homosexuel adopté depuis peu par l'assemblé nationale.



Il y eut les gens favorables et il y eut les gens opposés à ce projet. Les uns comme les autres, à bout d'arguments, ne trouvèrent plus que dans la caricature des partisans adverse, les dernières cartouches qui ne finirent pas plus à convaincre qui que ce soit.
Les pays accordant ce droit se comptent sur les doigts des deux mains mais cette nouveauté démontre une évolution des mœurs selon les uns, une décadence selon les autres.
Pour faire la moyenne nous pourrions dire simplement qu'il s'agit d' un changement profond de notre conception ancestrale de la famille, celle-ci remontant aux origines de la socialisation de l'espèce.


Les premiers " mariages " connus, célébrés dans l'antiquité, ont été des accords entre deux familles, lorsqu'il y avait deux familles, qui unissaient leur progéniture mâle et femelle qui désiraient fonder leur propre foyer. Avant la naissance de l'écriture une simple présentation de l'épousée au père ou au clan tout entier servait de cérémonie, suivie certainement, comme toujours, de joyeuses ripailles.
Aucun historien ou archéologue ne mentionne jamais un mariage entre personne de même sexe. Ce fait est vraiment nouveau et évidemment laisse perplexe nombre de nos concitoyens.
Il est certain que l'homosexualité a toujours existé et les grandes civilisations, Perse, Grecque, nous dépeignent les penchants amoureux de ces temps anciens. Avec quelques nuances tout de même.

Dans les grandes cités grecques, l'adulte, généralement pas encore marié, éduquait un " plus jeune que lui ", dans tous les domaines, et cette pratique, également sexuelle était parfaitement reconnue, voir louée par les sages philosophes. Plus tard l'ainé prenait épouse et laissait son " initié " remplir le rôle, envers un autre adolescent, qu'il avait lui-même exercé. Il s'agit dans les fait plus de pédérastie que d'homosexualité et cette dernière, entre adulte, était plus rare et bien moins acceptée que certain veulent nous le faire croire. L'armée de Thèbe comptait même un bataillon sacré composé de couples masculins.
Les Spartiates, fiers soldats connus pour leur endurance et leurs nombreux exploits militaires, étaient, eux aussi, encouragés franchement à une virile homosexualité. Les militaires de cette cité devaient se choisir, dans la troupe, un ami de cœur et de corps, car quel homme est plus apte au combat que celui qui défend son bien aimé ? 300 folles du régiment sacrifièrent leur vie lors de la bataille des Thermopyles…Sacrés bînomes!
Pourtant jamais le mot " mariage" ne fut utilisé pour ces unions là. Ils étaient des soldats amants.


Mariage, ce n'est qu'un mot me direz vous et vous avez parfaitement raison. Seulement les mots ont un sens.
Dans notre langue française le mot mariage dériverait (il y a toujours des contestataires à respecter) du mot latin " maritus " signifiant mari, on s'en serait douté, mais peut être aussi de " mas " signifiant mâle. Une racine indo européenne remonte au sanskrit " maya " jeune homme amoureux. Mais matrimonial peut aussi dériver de " mater " mère en latin.
Les étymologistes en concluent en grande majorité que dans " mariage " il y a la notion du mâle et de la mère.
Si c'est bien le cas, la loi reconnaissant le droit au mariage entre personnes du même sexe, il va falloir modifier le sens du mot dans nos dictionnaires.

Mais cela nous savons faire et personne n'a jamais vu, dans ces transformations, parfois à l'opposé du sens original quoi que ce soit à redire:
Savez vous par exemple que " brancher " signifie " pendre aux branches " ?
Une charge, signifie un " assaut " et pas forcement une responsabilité ministérielle.
Un chat, n'est pas un dialogue entre internaute mais un animal de compagnie.
Un client, est à l'origine le vassal d'un puissant qui n'a rien à lui vendre.
Culture, n'a parfois aucun rapport avec le jardinage.
Un maréchal peut commander une armée mais ce personnage était, plus humblement avant le XIIe siècle, uniquement chargé de ferrer des chevaux.
L'expression " qui dort dîne " signifiait autrefois que celui qui louait une chambre dans une auberge avait droit au repas alors que de nos jours elle prend le sens totalement opposé : son sommeil lui fera sauter le dîner.
Sans oublier la plus récente modification du terme chat, qui de l'animal de compagnie devient un dialogue entre internaute.


Le mariage, et je lui ôte toute connotation religieuse, c'est l'arrangement social, la reconnaissance d'une alliance ( d'où le nom des bagues) dont le but est de créer un patrimoine commun, affectif, mais pas toujours et matériel mais pas toujours non plus. Rien n'oblige les conjoints à vivre sous le même toit ni à partager la même couche, bien que chacun ait la responsabilité d'assurer le bon fonctionnement de l'union. Avec le mariage hétérosexuel est abordé évidemment le thème des enfants à naître de celui-ci, mais en ce qui concerne l'union homosexuelle cette question ne devrait logiquement pas se poser. Lorsqu'on aborde le sujet des enfants à naître d'un couple naturellement stérile, c'est là, une autre affaire qui est soulevée. Mêler les deux thèmes ne me semble pas judicieux, s'agissant de deux chapitres totalement différents de notre société et cela devrait, en toute honnêteté, faire l'objet de réflexions bien séparées.

Mariage homosexuel ? Après tout, si les dictionnaires modifient le sens de ce mot comme cela fut le cas pour d'autres expressions, il faudra s'adapter et considérer cet acte comme une union sociale entre deux êtres humains indifféremment de leur sexe.
Pour ceux qui voient dans l'homosexualité une perversion, lire sexe et perversion afin de connaitre les notres, et à ceux qui considèrent les homosexuels comme des handicapés psychologiques, il est bon de rappeler qu'aucune loi ne s'oppose à l'union d'handicapés quelle que soit la nature de l'handicap.

Revenons à présent, comme promis, sur le " mariage pour tous ".
Qu'est ce qui empêche un fils d'épouser sa mère, une fille son père, un père son fils, un oncle son neveu et limiter les mariages à celle de nos désirs personnels ? Les lois actuelles interdisant les unions incestueuses varient selon les pays, comme elles ont varié au cours des âges. Les pharaons s'unissaient avec leurs sœurs, à l'image de leurs dieux alors que les hébreux de la même époque lapidaient de tels profanateurs des liens sacrés du mariage et que le clergé catholique brûlait au moyen âge les bougres en place publique.
Dans certaines régions du monde l'oncle peut épouser sa nièce, la cousine son cousin, le beau père, la belle mère alors que cela est rigoureusement défendu ailleurs et même le parrain ne peut épouser la marraine même s'ils n'ont aucun lien du sang dans les pays fortement catholiques. Comme pour la polygamie et la polyandrie, autres cieux, autres lois. Vous serez surpris, en entreprenant une recherche sur les codes matrimoniaux à travers le monde, d'en constater la complexité et toutes les nuances.

Toutes les lois, même matrimoniales, ont leurs origines dans la religion quelle que soit la civilisation. Nos états laïques en reçurent en héritage leur morale originelle, plus ou moins rigide mais ceux-ci, nous le savons, évoluant avec le temps, un jour peut être, les mœurs du futur nous permettrons d'épouser quiconque sans aucun préjugé sur un quelconque tabou incestueux. Les freudiens ne seront plus qu'un lointain souvenir. Et les enfants à naitre ? Depuis, fort longtemps, ceux-ci seront conçus par choix d'ovocytes et de spermes anonymes, provenant d'une sélection rigoureuse émanants de banques génétiques…
Mais où va-t-on, clameront les réacs, les fondamentalistes, les rétros et autres nostalgiques cléricaux des temps anciens ?
Et si cette question était tout simplement, celle de la sagesse ?
Je confie donc à la votre, la conclusion de cette page d'actualité.


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