L'ECCLESIASTE


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Les lauriers de Cesar

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Nous sommes en juillet 46 avant notre ère, le peuple de Rome est agglutiné derrière une rangée de légionnaires et acclame l'idole du Jour: Jules César; Debout sur son char d'apparat, il descend vers le temple de Jupiter. C'est le triomphe que la ville toute entière offre à ce descendant de Vénus pour ses victoires sur la Gaule, en Orient, en Ibérie, et la fin de la guerre civile. Pour la circonstance, lui, si sobre en campagne, a revétu sur une tunique de lin, la cuirasse impériale en cuir recouverte d'une fine couche d'or, réservée aux cérémonies. Sur sa poitrine apparaissent en reliefs plusieurs phalères, décorations rappelant les mérites et les valeurs guerrières du chef des armées. Un glaive, à la poignée incrustée de métaux précieux, est accroché à son ceinturon lui aussi en cuir attaché par une boucle en or. Sur ses épaulières est fixé la tunique pourpre réservée aux emperators, nom donné aux généraux vainqueurs. De part et d'autre du char sont fixés son casque et les enseignes de différentes cohortes.

"Divin César, divin César, divin César" scande la foule au passage du cortège encadré par la garde prétorienne. Avant lui, le peuple a pu admirer sur les chariots défilant au son des trompettes, des cors et des tambours des scènes vivantes représentant ses batailles, ses conquêtes, ou des coffres remplis d'or et de pierres précieuses. "Divin César, divin César" Les vaincus ont bien payé. Un vrai carnaval à la gloire du dieu vivant.
Déjà dans sa tête s’échafaudait le plan de campagne qui devait enfin mettre à genoux les Parthes, sa dernière conquête.
Sur le char, derrière lui, un esclave discret tient d'une main une couronne de laurier au dessus de sa tête. A chaque cri de ses admirateurs "divin César, divin César", l'esclave répète, inlassablement aux oreilles de son maître : "mémento mori, memento mori " Souviens toi que tu es mortel. César ne réalisera jamais son rêve d'assujétir les Parthes. Le dictateur moura assassiné par des sénateurs au printemps de l'an 44.


Ce message de sagesse, memento mori, que recevait l'empereur au faîte de sa gloire, nous devrions le graver en nous d'une manière si apparente que, quoi que nous fassions, où que nous allions, il soit toujours devant nos yeux, non comme une pensée morbide, mais comme le rappel d'une priorité: Nous préoccuper des choses essentielles de notre vie et savoir profiter des bons moments avant l’échéance fatale et ses regrets. Il faut même parfois choisir entre réussir dans la vie, et réussir sa vie.
Souvent je me surprends à penser à des projets lointains, et j’en arrive même à oublier de profiter du moment présent et de tous les bienfaits que la vie me donne aujourd’hui.
Un ami vient de disparaître ces jours ci dans un accident de la route, un an après avoir pris sa retraite.
Comme lui, j’ai plein de rêves pour ces grandes vacances qui pointent leur nez. Cette impatience aux jouissances futures risquerait presque de nuire à mon quotidien.
Le bonheur n’est pas dans l’accumulation des biens, ni dans l’élévation sociale ou professionnelle, ni dans les projet futurs. C’est aujourd’hui qu’il se vit.
Alors, comme un petit César, dans mon " char " diesel, j’entends mon ange gardien me murmurer à l'oreille, " memento mori "



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