L'ECCLESIASTE


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Minorque

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Dimanche 1er Juillet 2012


Une belle tramontane éloigna rapidement notre voilier( jouet 27 tarentelle 8 mètres) de son port d'attache, Ste Marie la mer, dans les Pyrénées orientales, à 7 heures, direction cap Creus en Espagne. Malheureusement ce vent, si complice pour gagner le Sud, devint au cours des heures d'une violence redoutable, force 8. Alors que la météo prévoyait sa montée en puissance dans l'après midi, ce qui nous laissait amplement le temps de doubler ce cap, vers 10h il nous fut impossible de gagner un abri proche, changer de direction nous eut emmené à prendre les vagues de travers et risquer de chavirer. Des rafales de plus en plus fortes, accompagnées d'une houle que je n'avais jamais affrontée, nous obligea à poursuivre à travers les éléments déchainés.


Dans des creux d'environ trois mètres, phénomène rare en cette saison, avec un minimum de voile, nous filions à près de 13 nœuds, redoutant les déferlantes sur lesquelles nous surfions.
Malgré trois coulisseaux arrachés de la grand voile, nous avons doublé ce cap redouté des catalans pour gagner Port LLigat, juste avant Cadaques, afin d'attendre une accalmie.
Ce n'est que le lendemain matin que nous pûmes repartir et gagner L'Estartit sur la costa Brava pour effectuer nos réparations.
Après cette brève escale nous poursuivîmes jusqu'à Sa Tuna, avant le cap San Sébastian, dernière vue du continent avant la traversée.
Nous dûmes abandonner au petit matin un coéquipier malade et c'est à deux que nous quittons la côte et prenons la direction de Minorque.



26 heures après, nous voilà enfin, après une nuit féérique de pleine lune, au but de notre voyage, nous remplaçant à la barre, le pilote automatique nous ayant lâchement abandonné avant l'arrivée.
Mercredi 04 à 16 heures: Cala ( calanque) Fornell. Merveilleuse calanque bien profonde, mouillage sécurisant devant le petit village paisible du même nom.
Promenade en soirée et surtout une nuit de sommeil bienvenue.


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Jeudi 05. On traîne un peu dans les couchettes et ce n'est qu'en début d'après midi que nous quittons cette escale pour une courte étape jusqu'à Addaya. Cette calanque, la plus profonde de l'île, 1 km, nous met à l'abri de tous les vents et de tous les clapots. Un vrai lac canadien
Baignade repas, et recherche de la panne du pilote automatique sans lequel le retour nous serait des plus pénible. Le hasard et la perspicacité de mon coéquipier nous fait toquer sur la coque d'un voilier en cale sèche, en réparation. Son propriétaire visiblement avenant malgré son allemand incompréhensible pour nous, nous indique quelques réparateurs dans un port voisin.
Vendredi 06. La nuit portant conseil, dit-on, je me réveille avec l'idée de vérifier la prise électrique de l'appareil.
Les deux fils sont dessoudés… C'est donc moins grave. Retour à quai vers notre Allemand ( Bernard) et à ma demande d'un fer à souder, ce bricoleur ( l'intérieur de son bateau est un vrai chantier) m'offre sur son temps une heure trente de réparation minutieuse. Parfait, nous repartons plein de reconnaissance. L'ancre levée, nous gagnons cala Grau pour le repas de midi et une baignade dans une eau d'une pureté tropicale.
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En soirée nous faisons voile (et moteur, le vent étant plutôt paisible) jusqu'à Mahon capitale de l'île. Là aussi la calanque est immense et une sorte de lac créé par une île à son entrée permet un mouillage tranquille.
Samedi 07. Visite de la ville âpres avoir glissé notre voilier sur un quai, derrière deux bateaux de pêche. Le coin est vraiment charmant semblable à une ville coloniale africaine.
Palmiers, vielles rues, places ombragées. Le ravitaillement fait, nous regagnons notre précédant abri où nous jetons l'ancre pour une seconde nuit.

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Dimanche 08.

Nous descendons la côte Sud sans beaucoup de vent et sur une mer bien calme.
Arrêt Cala Coves dont le nom provient de grottes préhistoriques sur les falaises surplombant la mer.

Pour éviter tout retournement en cas de changement de vent dans la nuit, en plus de l'ancre à l'avant, nous portons un amarrage à terre bien accroché aux rochers juste à côté d'une barque de pêche.
C'est surement le mouillage sauvage qui nous a le plus enchanté. Nous avons passé du temps à terre afin de visiter les grottes citées à travers les falaises et la végétation méditerranéenne. Le bain du soir qui s'en suivit fut des plus apprécié, et le repas composé comme bien souvent d'une salade de tomates fraîches, améliorée selon la fantaisie des restes de précédants repas fut un délice dans ce cadre enchanteur; Le meilleur moment de la journée, quand la nature s'apaise... Nuit au calme, sans la moindre vaguelette pour nous rappeler que nous sommes sur l'eau.

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Lundi 09.

Court trajet jusqu'à la cala voisine, En Porter, où nous faisons de l'eau et la lessive dans les sanitaires de la plage. La mer nous offre deux petites soles harponnées dans la matinée. Nous reprenons notre périple jusqu'à la cala Mitjane ourlée d'une belle plage. La nuit fut un peu agitée par le clapot et le voilier voisin qui a quelque peu dérapé sur son ancre (décroché), son équipage râlant par méprise, croyant que c'était la nôtre qui ne tenait pas. Personne n'a formulé des excuses, mais il y a des moments où il faut taire ses connaissance languistiques...

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Mardi 10.

Nous longeons la côte jusqu'à Citadella, seconde ville de Minorque. Ancrage pour deux nuits dans une cala ressemblant à un canal, juste avant le port.
Ballades à pied dans et hors la ville toute la journée de Mercredi. Comme à Mahon nous circulons à travers des ruelles étroites mais cette fois bien animées. Des ferrys viennent en effet déverser pour la journée des touristes venus de la voisine Majorque, nettement plus fréquentée, du fait de ses nombreuses plages de sable fin, alors que Minorque en compte que très peu.
Repas au club nautique. Prise de la météo pour la traversée du retour.

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Jeudi 11.
Détour au port 8h 30 pour le plein d'eau (payante et imbuvable) plein de carburant, plongeon dans l'eau douteuse du port pour récupérer mes lunettes, et nous mettons les voiles vers le continent.
La mer est particulièrement houleuse et le vent peu aidant, nous passons une journée fatigante à la voile et au moteur. En soirée des dauphins font leur show sur la proue du bateau.
Ce n'est que vers minuit que la mer se calme pour devenir d'huile lorsque je prends le quart à 4h. Le pilote automatique rempli son rôle à merveille ce qui me permets de compter les étoiles….
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Vendredi 13.
Vers 9 h les dauphins sont revenus plonger à droite, à gauche, sautant sur nos flans nous dévoilant les leurs dans un dernier salut.
Vers 15h la terre apparait, Palamos au loin, mais nous décidons de faire route directement vers Port Lligat que nous atteignons en soirée. Les téléphones à terre nous ont avertis de la levée une nouvelle fois de la tramontane et nous voulons nous rapprocher le plus possible du cap Creus avant qu'il ne soit impossible de le doubler ce qui arrive fréquemment.
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Samedi 14.
07H départ pour le cap Creus que nous passons sans trop de peine, mais la houle nous prend de face et c'est laborieusement que nous gagnons Port Bou où nous passons la nuit bien à l'abri à l'ancre devant la plage.
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Dimanche 15.
10h nous repartons vers notre port d'attache Ste Marie sans beaucoup de vent mais finit par se lever de face au fil des heures. Cette tramontane nous aura joué bien des tours, au départ comme à l'arrivée, mais finalement nous accostons en début d'après midi la tête pleine de merveilleuses images de cette croisière de près de 500 miles (900 kms) ; mémorable !

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