L'ECCLESIASTE


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Noël le deuxième procès de Jésus

SPIRITUALITE


Noël, fête des cadeaux, fête des enfants, fête de la paix... on en oublierait même ce que ce jour, fêté sur tous les continents, représente dans sa réalité. Je ne reviendrai pas sur l'origine du choix du 25 décembre pour commémorer la naissance du "petit Jésus", cela fut l'objet d'un précédent article.
C'est au sujet de l'historicité du personnage que nous allons nous interroger cette fois car si le monde entier célèbre, le 25 décembre, la naissance de Jésus, l'imagerie populaire s'en étant emparée, bien peu appuient leur croyance sur une réalité historique. Les négationistes ayant donc la part belle face à notre ignorance, appelons à la barre quelques témoins et rétablissons ainsi une vérité bien trop souvent battue en brèche.
Nous pourrions citer à comparaître, bien sur, tous les écrivains chrétiens, en commençant par les 4 témoins rédacteurs des évangiles, Mathieu, Marc, Luc et Jean, puis les pères de l'église et autres commentateurs théologiens. Mais il est évident que tous ces écrits ne peuvent, par leur souci apologétique, prétendre à une quelconque objectivité.
Pourtant certains sont en mesure de présenter quelque intérêt. Je n'en retiendrai qu'un seul.




JUSTIN DE NAPELOUSE : philosophe grec (ou romain) 106-168:
Ecrivant vers l'an 150 à l'empereur Anthonin (surnommé le pieux par sa dévotion envers son père) il déclare que ce dernier peut vérifier dans les archives de Ponce Pilate la condamnation à la crucifixion du dénommé Jésus, faiseur de miracles. On ne peut douter de l'authenticité de ces archives aujourd'hui disparues, car qui oserait demander à l'empereur de vérifier des faits inexistants..? Tous les actes, décisions et procès de l'empire remontaient par écrit à Rome, aucun historien ne l'a jamais nié.

Venons en donc aux sources non chrétiennes neutres.

FLAVIUS JOSEPHE (37-97):
Cet historien juifs, collaborateur des romains, fait mention dans son livre "guerre des juifs" d'un dénommé "Jésus, homme de grande sagesse, crucifié sous Pilate". Il se trouve dans ces quelques lignes d'autres
indications qui semblaient jusqu'à présent avoir été des rajouts au texte originel :
"Jésus, homme si toute fois on doit le considérer comme un homme tant ses oeuvres sont admirables..." et " il réapparut vivant trois jours après sa mort". Peu d'historiens, de nos jours, mettent en cause l'attribution de ces écrits, dans leur intégralité, à l'auteur. Même s'ils paraissent étranges, Flavius ne fait que relater ce qui se colportait à l'époque. Dans un autre passage Flavius citera un certain "frère de Jésus".

MARA BAR SERAPION : Prisonnier anonyme.
il s'agit là d'un inconnu qui écrit (vers 117) à son fils. L'intérêt de ce personnage tient dans le fait que nous avons son manuscrit original écrit en 73, conservée au British Muséum. Il incite son fils à rechercher la sagesse expliquant que ceux qui ont persécuté les sages n'ont eu que des ennuis. Exemple: Socrate, Pythagore et Jésus. "Quel avantage ont eu les juifs à exécuter leur roi sage, leur royaume fut anéanti peu après" lit-on dans son courrier. Ce bon père de famille ne fait aucune apologie du christianisme, il ne met pas en avant ni le ministère et encore moins la divinité de Jésus. Il ne fait que relater un événement banal, la mise à mort d'un sage, ayant précédé la prise de Jérusalem en 70. Lui y voit un rapprochement pédagogique à faire.

SUETONE (70-122) :
Archiviste de l'empereur Hadrien. Dans son livre
"la vie des 12 Césars" remarquablement bien documenté, comme il l'explique, d'après les annales de Rome, ce dernier mentionne les difficultés faites aux juifs de la capitale par l'empereur Claude, en l'an 50, les priant de s'exiler et déportant les hommes les plus fort en Sardaigne combattre des insoumis. Les chrétiens étaient encore à l'époque considérés comme des juifs dissidents et l'empereur les met tous dans le même panier. Ces faits se déroulant 20 ans après la mort de Jésus qui pourrait contester honnêtement que le christianisme n'ait pas eu un leader? Nous avons connaissance de cette vexation anti juive, non seulement par Suétone, mais aussi par le livre des actes des apôtres (18v2) qui cite un couple de réfugiés, Aquilas et Priscille. Les historiens seront ravis des rapprochements à faire entre les annales de l'empire et le premier récit de l'église naissante.



TACITE (55-118):
Considéré comme l'historien type de l'empire romain (mon préféré d'ailleurs) dont l'honnêteté intellectuelle est, de nos jours, au dessus de tous soupçons tant son rigorisme, son obstination à présenter les faits tels qu'ils se sont déroulés, sans flatterie ni sévérité, sont présents dans tous ses écrits. Lire ses annales est un vrai plaisir car il ne se noie pas dans les détails de peur que ceux ci ne déplaisent en haut lieu. La vie des grattes papiers était fragile à l'époque et nombreux l'ont perdue pour quelques commentaires mal venus. Ci contre quelques description des rafinements Néroniens réservés à ces adeptes du christ. Tacite ne s'étend pas plus sur le sujet car sa phrase est la réponse à une enquête effectuée sous Néron et l'auteur de celle ci ne tient surtout pas à être favorable à la secte naissante, l'empereur s'apprêtant à nourrir ses lions de leur tendres chairs.



Voici les textes:
"comme les juifs ne cessaient de troubler la cité sur l'instigation d'un certain Chrestos, Claude les chassa de Rome" (les 12 Césars : la vie de Claude chap 25 , Suétone)
"Il (Néron) livra au supplice les chrétiens, race donnée à une superstition nouvelle et coupable" (les 12 Césars : la vie de Néron chap 16, Suétone )

"Mais aucun moyen humain, ni largesses impériales, ni cérémonies expiatoires ne faisaient taire le cri public qui accusait Néron d'avoir ordonné l'incendie (de Rome). Pour apaiser ces rumeurs, il offrit d'autres coupables, et fit souffrir les tortures les plus raffinées à une classe d'hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Ponce Pilate. Réprimée un instant, cette exécrable superstition se débordait de nouveau, non seulement dans la Judée, où elle avait sa source, mais dans Rome même, où tout ce que le monde enferme d'infamies et d'horreurs afflue et trouve des partisans. On saisit d'abord ceux qui avouaient leur secte; et, sur leurs révélations, une infinité d'autres, qui furent bien moins convaincus d'incendie que de haine pour le genre humain. On fit de leurs supplices un divertissement : les uns, couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par des chiens; d'autres mouraient sur des croix, ou bien ils étaient enduits de matières inflammables, et, quand le jour cessait de luire, on les brûlait en place de flambeaux. Néron prêtait ses jardins pour ce spectacle, et donnait en même temps des jeux au Cirque, où tantôt il se mêlait au peuple en habit de cocher, et tantôt conduisait un char. Aussi, quoique ces hommes fussent coupables et eussent mérité les dernières rigueurs, les cœurs s'ouvraient à la compassion, en pensant que ce n'était pas au bien public, mais à la cruauté d'un seul, qu'ils étaient immolés. " (Tacite, les annales chap 15)











Le Colisée fût le théatre du sadisme festif des romains en manque de sensations fortes


Voici à présent des sources non chrétiennes et plutôt même malveillantes.



CELSE : philosophe platonicien romain ( II è siècle): Cet auteur attaque violemment la foi chrétienne accusant ses adeptes d'adorer un dieu "mort dans l'infamie". Il fait mention de la mort de Jésus comme d'un fait connu et jamais mis en question.
Le fait qu'il fût mort "dans l'infamie", comme le déclare Celse, peut être en toute logique considéré comme une preuve qu'il ait bien vécu.

LE TALMUD (IIèsiècle). Il est évident, vu son origine, que ce livre ne peut être considéré comme favorable au christianisme. Je ne retiendrai que deux passages citant notre personnage car beaucoup m'apparaissent bien confus.
"Ne trouvant personne pour le défendre, Jésus fut pendu la veille de pâque...." (le verbe pendu peut très bien faire allusion à la croix car "crucifié" se disait également "pendu au bois" comme "décapité" se dit aussi en français "décollé", tous les historiens savent ça.
"Croyez vous que ce Jésus de Nazareth était de ceux dont on cherche ce qui peut leur être à décharge? C'était un séducteur.."
Ces deux textes remettent en cause le message et l' honnêteté de Jésus, et en faisant cela ils confirment qu'il y eut bien un Jésus historique troublant l'ordre public ayant mérité le chatiment qu'il reçut.

CONCLUSION

Afin d'étayer au mieux les arguments en faveur de notre accusé d' inexistance, Jésus, sachez que j'ai pris la peine mais aussi le plaisir de lire l' intégralité des annales de Tacite, la vie des 12 Césars de Suétone, ainsi que les guerres juives de Flavius. Les références citées sont authentiques j'ai donc pu m'en assurer de mes yeux. Le rigorisme de ces auteurs concernant les divers faits de l'empire, les procés, les délations, les descriptions des vices de ses acteurs, se recoupant d'un auteur à l'autre, sont tellement précis que nul historien ne peut douter qu'ils nous aient été rapportés avec exactitude.

Traiter de la vie et de l'enseignement de Jésus peut donc être fait sans tabou, le personnage ne reposant nullement sur un mythe issu d'une imagination fertile. Ceci n'est pas le cas d' Homère, dont on ne sais même pas s'il a réellement existé, ou Socrate ne bénéficiant même pas d'un témoin direct, mais qui ont, curieusement, toute la confiance des professeurs et étudiants en philosophie....Il y a une certaine malhonnêteté intellectuelle dans la différence de traitement accordé aux évangiles par rapport à n'importe quel texte antique. La majorité des adolescents ont lu l' Illiade et l'Odyssée, les plus grands, débattus sur des traités philosophiques de Platon, Aristote ou Socrate dont les discours ( - 400 avant JC) nous sont parvenus par les mérites de ceux qui ont scrupuleusement recopié et médité leurs enseignements. Total respect pour les professeurs de philosophie qui, à travers les siècles, nous les ont ainsi transmis et fait apprécier. Que le même respect soit accordé au personnage Jésus, ainsi qu'à tous ceux qui ont servi à nous transmettre, jusqu'à ce jour, son enseignement à travers tant de controverses discriminatoires bien compréhensibles, car il faut l'avouer, notre accusé est bien du genre, qui dérange les consciences...Sa condamnation à mort en apporte la preuve.

Chrétiens ou non, nous allons fêter Noël, la commémoration d'une naissance qui bouleversa les sociétés antiques, et reste le germe de la plus grande civilisation qui soit et quelles que soient nos croyances, nous pouvons affirmer, pour avoir étudié désormais le sujet, que les négationnistes de l'historicité de Jésus lui font vraiment un bien mauvais procès.
Qu'ils soient donc déboutés.

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