L'ECCLESIASTE


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Peut-on rire de tout?

ACTUALITE

C'est ce qu'affirment de concert tous les humoristes de Coluche à Charlie Hebdo, même, semble t-il, sur les sujets d'actualité les plus sensibles. Politique, religion, race, police, tout y passe allègrement, les Français sont restés tellement Gaulois….
Se foutre des uns et des autres, voilà bien un élément de notre culture que nous aimons revendiquer haut et fort.


Il faut avouer que lorsque nous nous déplaçons à l'étranger et que le contact se fait avec l'autochtone en toute franchise, nous sommes payés en retour de la même monnaie.
Les blagues anti Françaises égalent bien nôtres, nous qui stigmatisons à cœur joie les Belges, Suisses, Africains, juifs, Arabes etc.
Il m'est évidemment arrivé de me trouver entre amis de différentes nationalités et il est fort révélateur d'entendre ce qui fait rire sur notre dos ces gens là.
Le Français est râleur, hâbleur, sale, paresseux et surtout doté d'un sens aigue de supériorité inégalée. Ah le fier coq Gaulois !
Tout ces messages étant véhiculés bien sur à travers des histoires toutes pleines d'humour les unes comme les autres...
Ais je ri ? Bon, j'avoue assez peu.
Pourquoi alors que tous s'esclaffaient autour de moi ? Mais où était donc passé mon sens de l'humour et d'auto dérision?


Les blagues étaient (comme sont les nôtres) vraiment caricaturales à outrance, je le savais et cela me parut un peu bébête sans être vraiment méchant. Chacun savait qu'il s'agissait de grossières caricatures, mais pourtant un fond de vérité était bien présent dans ces récits.
Me permettez-vous de reporter cette modeste expérience sur le sujet aux évènements qui viennent de se dérouler récemment dans le monde à propos d'un film satirique sur Mahomet et les images humoristiques qui ont suivi?


L'intention des auteurs était-elle vraiment de faire rire le grand public, pourrions nous nous interroger?
Il semblerait que le but, s'il était bien celui ci ne fut guère atteint.
Par contre si nous évoquons la détermination bien calculée d'une provocation envers les ultras sensibles (et susceptibles) de la religion musulmane, là, reconnaissons le, l'objectif fut parfaitement atteint au-delà de toutes les espérances. Depuis plusieurs décennies le journaliste ne se contente pas d'informer mais cherche surtout à manipuler, provoquer, créer des évènements qui, comme l'eau du moulin, lui permettent de bien faire tourner la roue du tirage. Une expression vient de naitre récemment : " faire le beuz " correspondant à créér l'évènement. Tous les magasines à " scandale" connaissent ces mécanismes qui les font vivre.

Des lors pourquoi la presse ordinaire se priverait de ce filon? L'éthique ? La rentabilité et l'enrichissement étant la première règle en toute chose ici bas, les principes moraux dans tous nos secteurs d'activité, y compris celui l'information ne viennent guère en priorité. Ainsi l'info devient une véritable éteincelle destinée à mettre littéralement le feu aux poudres et plus personne ne s'en offusque; il semblerait même, peut être, que la poudre n'attend que celà...Serions nous semblables à des enfants qui se plaisent à exciter des fauves tenus en laisse pour donner quelque preuves de leur dangerosité? Pourtant il serait certainement judicieux d'ajouter une bonne dose de scepticisme aux évènement tels qu'ils nous sont présentés, parfois artificiellement fabriqués, ainsi que de prendre la sage habitude de découvrir la motivation de l'auteur de ce que nous lisons, regardons ou entendons.



Mais nous sommes en droit, tout de même, de nous demander comment un court métrage vulgairement comique et quelques images prêtant tout juste à sourire, peuvent-elles provoquer mort d'hommes dans plusieurs pays, comme cela fut le cas?
S'il y a provocation délibérée, en toute liberté, le droit d'expression même caricatural (et mensonger ?) étant un droit dont se flattentet abusent certainement nos démocraties, existe-t-il un droit des hommes à devenir meurtrier juste en réponse à des actes douteusement humoristiques? Quelle folie peut ainsi permettre la transgression d'un commandement universellement reconnu " tu ne tueras point " ?

Autant nous pouvons accepter la faiblesse de l'humour anti ceci ou cela, et rien ne nous oblige à lire ou à regarder d'ailleurs ces traits parfois nauséabonds et volontairement agressifs, autant personne ne peut absoudre des actes comme le saccage de maisons de presse, d'ambassades et parfois des violences meurtrières en quelque nom que ce soit ou quelle qu'en soient les raisons.
Ainsi si l'étincelle délibérée me parait quelque peu condamnable, l'explosion qui la suit peut sembler être la pire réaction puisqu'elle fait le jeu du boutefeux.





Peut-on rire de tout, demandait l'humoriste Desproges ? Oui, mais pas avec n'importe qui répondait-il, bien que Dieudonné prouva à ses dépend le contraire, puisque la censure médiatique s'exerce envers lui sur notre sol, heureusement sans violence. Ce dernier serait-il allé trop loin ? Et selon quel critère ? Cela ne nous est guère vraiment expliqué. Mais je n'en dirais pas plus, chacun étant libre de poursuivre cette amorce de réflexion, certains sujet paraissant toujours sensibles; Comme quoi, même dans la démocratie de la liberté du droit d'expression, certaines allumettes ne peuvent toujours pas approcher certains barils de poudre....

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