L'ECCLESIASTE


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Thérapeutes de l'amour

PSYCHOLOGIE

Le plus réaliste et constant miracle de l’amour n’est il pas qu’il rend la vue aux amoureux aveugles ?
Chacun peut le constater pourtant l’amour est toujours aveugle en ses débuts. Sans cet aveuglement l’espèce humaine aurait certainement disparue dès son apparition.
Mais ce miracle est nécessaire à sa survie même si beaucoup d’amoureux, eux, n’y survivent pas.
Essayons d’en démontrer le pourquoi.
« Il était beau, il sentait bon le sable chaud…. ».
Pourquoi donc nos défauts apparaissent-ils avec le temps ?
Cela vient-il de notre camouflage séducteur réciproque, plus ou moins calculé, ou de notre acceptation tout autant réciproque de tout ce qui est nouveau pour nous ?

Je me souviens d’un jeune homme dont la compagne me vantait son originalité, son exubérance, sa verve plus que féconde. « il n’est pas comme les autres » m’affirmait-elle souvent, puis un jour elle me dit, « c’est vrai qu’il n’est pas comme tout le monde », et enfin avant leur rupture, « il ne fait rien comme les autres, je n’en peut plus de l’entendre et de le voir gesticuler ».
Avait-il changé ? Ou faisait-elle une overdose de ce qui l’avait tant séduit chez lui ?
J’ai souvenance d’un cas tout à l’opposé. Une jeune fille calme, douce, paisible séduisit involontairement (elle n’avait aucun élément extraverti de séduction) un de mes amis. Ils mènent une vie parallèle, d’une tristesse affligeante, certes sans grands conflits, mais empreint de silences et d’aigreur courtoise.
Ainsi en couple, on naît et on meurt à l’amour, dans les cris ou le silence, mais qu’il est dur de rester vivant !
Celui ou celle que nous avons choisi, n’est plus le même, parce qu’il n’a jamais été confronté, ni préparé aux situations qui se sont présentées à vous. Nous non plus nous ne sommes plus les mêmes. Naissances, maladies, retards, argent, entretient matériel, fatigue, mal au ventre, tentations, frustrations, désirs opposés etc. sans oublier les conflits passés qui ressurgissent de l’enfance, les plaies parentales non cicatrisées.
Mais nous non plus nous ne sommes plus les mêmes, il a fallut comme l’autre réagir, parfois avec maladresse aux mêmes problèmes, aux mêmes tentions.
Chaque évènements résolus, bien ou mal, chaque tentions, même si la solution en est heureuse, laisse obligatoirement une cicatrice, comme un coup de canif dans notre photo de mariage. Nos deux images changent avec le temps et prennent des rides comme nos visages au fil des ans. Y a-t-il un anti rides chargé en oméga 3 réconciliateurs permanents ?
Comment faire lorsque les yeux s’ouvrent sur nos différences et nos incompatibilités ?
L’attitude habituelle des nouveaux antagonistes est de confier, en pleurnichant si possible, chacun de son côté, les inconduites, les travers de l’autre, à son, ou sa meilleur(e) ami(e), à son père ou sa mère, cherchant de la compassion, voir une accusation contre son conjoint. Il n’y a pire solution que de s’assurer de son bon droit par l’approbation de son entourage. Chercher l’approbation des autres est souvent preuve de manque de certitude. C’est si facile d’accuser l’autre quand il n’est pas là pour se défendre. C’est déjà rentrer dans un procès, ne faisant qu’isoler un peu plus celui que nous considérons comme « coupable » et gêner, sinon empêcher, tout retour possible à un dialogue constructif. Sans compter le ridicule pour l’accusateur, au cas où la situation se débloque, de convaincre tout notre relationnel de revenir sur son parti pris. Certains « accusés » ne pardonnent pas facilement tout ce qui a été colporté sur eux, et c’est alors une perte, d’amis communs ou de beaux parents, pour le couple réconcilié. Certains couples pratiquent cette méthode durant des décennies sans aucun résultat positif. Quand un remède est mauvais il faut en changer.
La meilleure solution est une consultation auprès d’un professionnel en la matière. Pourtant lorsque cette issue est proposée, il y a très souvent des réticences. Est-ce la pudeur d’exposer ensemble sa vie intimes devant une tierce personne, alors qu’il est si facile de vider son sac (et son fiel) seul, auprès d’un(e) confident(e) ?
Il y a des « médecins » du couple, pas tous bons, c’est vrai, mais s’ils existent c’est qu’ils sont prévus pour. Une consultation lors d’une impasse est un acte de courage, car il n’y a pas plus grande lâcheté, que de céder à la tentation de laisser pourrir une situation pénible et incontrôlable ou de croire que nous sommes les seuls compétents à trouver la solution. Notre vie en dépend, car vivre dans la souffrance, la colère, l’aigreur quand ce n’est pas la haine, ce n’est pas vivre, c’est subir, comme un animal subit les évènements extérieurs. L’humain dirige sa vie, sait dire, « mon couple est malade, je n’en connais pas les remèdes, mais nous voulons guérir ». Il n’y a aucune honte à entreprendre une démarche commune vers un thérapeute. Les couples, que je connais, qui ont entrepris ce travail, lorsqu’ils sont dirigés vers des professionnels compétents, voient, parfois en très peu de séances, leur vie se stabiliser, et prendre une orientation positive.
Il faut suivre ce genre de thérapie, de part et d’autre, avec beaucoup d’humilité, c’est souvent ce qui manque à chacun, croyant que l’autre est la source du conflit. (90%) Il ne faut pas croire que l’autre est la cause de nos incompréhensions. C’est moi, qui ne comprends pas l’autre. Même si « l’autre » a tors (c’est ce que chacun pense), je ne comprends pas qu’il ne voit pas ce que je vois. Je suis pour l’autre la source du problème, comme il l’est pour moi. Il y a des clés, mécaniques, mathématiques, toute une méthodologie à la disposition des spécialistes.
Comme pour le mal au dos, nécessitant des exercices de musculation spécifique, la vie familiale à ses règles précises. Le rôle d’un conseiller conjugal ou familial, lorsque le conflit englobe les enfants, n’est pas de départager les tors et les raisons de l’un ou de l’autre, c’est en général ce que redoute les couples, « la peur ou l’humiliation d’être accusé », mais de proposer un plan d’action, un programme à suivre, un peu comme une ordonnance médicale. Même si cette « prescription » étonne, ou dérange, c’est la seule clé, donnée par un professionnel, qui permettra de retrouver l’apaisement, dans un premier temps, puis l’harmonie permettant l’épanouissement des deux conjoints et du reste de la famille. Même si les maladies de l’amour ne sont pas prises en charge par les assurances sociales, pour le prix d’une soirée au restaurant, durant quelques semaines, et c’est le retour assuré d’un délicieux tête à tête amoureux.

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