L'ECCLESIASTE


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Un grand homme

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N
ous sommes au IVe siècle avant J.C., en –335. Alexandre le grand, après avoir mis au pas les cités grecques, s'apprête à conquérir le monde avec ses soldats macédoniens et grecs.
Il est jeune, fougueux, le monde semble s’offrir à lui, rien ne lui résistera, il fera, dans les années à venir, la pluie et le beau temps sur tout l’orient.
Mais, se souvenant avoir été élève du philosophe Grec Aristote, il voulut rencontrer un autre père de la sagesse grecque, Diogène.

Aussi se rend il à Corinthe où vit ce dernier. Je vous livre l’évènement.


Des son réveil, il s'inquiète du philosophe.

"Je veux voir ce Diogène dont tout le monde parle" ordonne Alexandre.
- Toi, le roi de Macédoine, général en chef de toutes les armées grecques fédérées, toi, qui te prépares à passer en orient donner une leçon aux Perses, tu t’intéresses à ce radoteur pourri ?" Répond l'un de ses capitaines.
-Et pourquoi pas. Je suis curieux de tout. La philosophie m’a tant apporté".
- mais c’est un mendiant, il ne vaut pas mieux qu’un chien, d’ailleurs tout le monde le nomme Diogène le cynique ( le chien en Grec)Un tonneau lui sert de niche, et il pue.
- Envoi quelques hommes et dites lui, que le roi de Macédoine, le prie à sa table.
Les soldats partent à sa recherche mais reviennent sans le philosophe.
-Il ne veux pas se déranger"
La curiosité l’emporte sur la colère. Alexandre enfourche son cheval, et, avec quelques compagnons, part donner une leçon à l’insolent.


Un garde du corps en chemin demande à une femme de les conduire chez l’homme.
-Suivez moi dit elle je lui porte un peu de soupe.
Arrivés sur une placette, la vieille se courbe devant un gros tonneau.

-"Diogène il y a des gens qui veulent te voir, lui dit elle, en lui tendant une gamelle fumante.
-Et quel genre de gens m’emmènes tu donc, vieille folle!
- des nobles biens habillés, armés et parés d’or et de bijoux.
Alexandre un peu agacé intervient
"noble Diogène…
-Je n’ai rien de noble, étranger, coupa l'interpelé. Je déteste tout ce qui est beau, tout ce qui est riche, tout ce qui est bien habillé, tout ce qui est bien élevé, tout ce qui est plein de vertu, tout ce qui se vante de sa grandeur... Je ne veux pas avoir de visiteurs de cette espèce. Ils m'ennuient et ils me dégoûtent. Passez votre chemin. Je veux dîner tranquille.
Le garde du corps est stupéfait.
-"C’est vraiment la première fois que je vois ça, mon roi, cet homme ne veux même pas te regarder.
-Rien que pour cela, je suis content d’être venu dit le maître.
-Sais tu qui est devant ton misérable abri, philosophe plein de folie? Celui qui vient te visiter n’est autre qu’Alexandre le grand, hurle le garde du corps.
-Vraiment si grand que ça, répond Diogène, Alexandre...? Oui, je crois en avoir entendu parlé, mais vaguement, comme…comme pas grand-chose. En réalité il me semble plutôt petit, Allez laisse moi manger ma soupe en paix, Alexandre le petit.

-C’est incroyable, s’insurge le porte parole royal, en tout cas il t’écoute sans se mettre en colère. Reconnaît que sa patience est grande.
- C’est celui qui se met en colère lorsqu’on dit la vérité qui est vraiment petit.

-Ecoute, répond le serviteur du roi silencieux, je vais te dévoiler un secret. Cet homme, que tu refuses de regarder, va conquérir le monde. Voilà ce que tu verrais en lui.
-Tu veux dire qu’il va tracer un sillon sanglant, de meurtres, de violence et de pillages! Que de sang, que de étripée! Voilà ce que je vois, moi.
-Tu es fou, intervient la vieille, ce sont leurs affaires, et ce que font les nobles, les riches et les grands qui nous dirigent doit être considéré comme une bonne chose.


-En vérité, verser du sang va bien avec ce qui est noble, riche et grand…

-Il est le plus grand des conquérants de tous les âges et il acquerra plus de richesses que nul autre roi n'en a acquis par le passé...renchéri un autre serviteur.
-Alors tu as raison, Alexandre sera un grand assassin et un grand voleur. Je ne vois que cendres et ruines sur son passage


Le soldat dégaine son épée et se précipite pour égorger l’impudent.

-Arrête! crie Alexandre, épargne le. J’en connaît peu qui aient un aussi grand courage. Il parle comme un homme libre et je me dois de le respecter. Ecoute moi Diogène, tu es là, sale et pouilleux, je ne t’en veut pas de m’avoir ouvert ton cœur… car j’aime la philosophie et par considération envers elle, je veux faire quelque chose pour toi. Veux tu un manteau, manger à ma table, de l’or pour tes vieux jours, un emploi dans une école? tu es sage et désintéressé, je te prendrais bien à mon service, tu ne manqueras de rien.





Le tonneau bouge et enfin l’homme en sort, en silence. Il s’allonge devant ce qui lui sert de domicile et regarde Alexandre puis ferme les yeux.

"-Un manteau? de l’or? t’accompagner dans tes conquêtes ricana t-il? Non, mais il y a une chose que je voudrais te demander. J'ai fini mon modeste repas et c’est l’heure de ma sieste, alors veux tu bien dégager de mon soleil?
Alexandre lève la main, en signe de paix, envers ses compagnons qui grondent.
- Laissons le…. Je ne croyais pas qu’il existât au monde, un homme capable de dédaigner à ce point, moi et mes présents. En cela il est grand.
La vieille se penche alors vers le philosophe endormi :
- et bien, au moins toi, pauvre Diogene, tu ne feras de mal à personne, "grand homme".
-Plus grand que moi? Peut être répliqua le grand conquérant . Allez mes braves soldats, allons conquérir le monde, telle est notre destinée".

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