L'ECCLESIASTE


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Voile et soumission

SOCIETE

C'est fini, vous ne trouverez plus d'articles sur le sujet dans les journaux. Il est donc temps d'aborder, l'esprit apaisé, le sujet du port du voile Islamique qui fit tant polémiquer nos milieux politiques mais aussi au coin de nos cheminées.
Deux aspects doivent être examinés avec attention afin d'apporter
un regard respectueux et tolérant devant ce cas de conscience de nos amis musulmans, chatouillant nos bons droits anticléricaux français.
Le premier, religieux, avec cette question : l'action de cacher ses attributs féminins (c'est l'esprit de la loi coranique) est elle un ordre ou tout au moins une recommandation de l'Islam?
Le second, politico social, avec cette question : un gouvernement laïque a t-il le droit de s'opposer à des principes religieux?
A la première question voici sur la droite de la page les textes du Coran.

Mais le prophète de l'Islam Mohamet ne fait là que reprendre un principe religieux pratiqué dans le Judaïsme et le Christianisme en vigueur à cette époque. La lettre de St Paul aux Corinthiens, présente dans la Bible, recommande la même chose : "Toute femme qui prie ou prophétise la tête non voilée déshonore son chef, c'est comme si elle était rasée".
Soyons clairs, précis et honnêtes. La lecture de ces deux textes du Coran indique bien que l'Islam recommande, comme les deux grandes religions monothéistes, la pudeur aux femmes, d'une part afin de montrer leur appartenance à la foi (avec leurs voiles elles en seront reconnues pieuses, donc respectées), d'autre part en recommandant la discrétion de regards, qui ne sauraient êtres provocants. Mais rassurons nous, il ne s'agit nullement de discrimination car la même recommandation est donnée aux hommes, eh oui!: sourate 24 v 30 " dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté".( le contexte du texte indique les relations sociales homme-femme)
Les musulmans, s'ils ne portent pas de voiles, doivent donc s'abstenir de "mater" les femmes, ni dans la rue, ni sur des affiches, ni dans des films.....La pureté du coeur et des pensées ne passe t-elle pas aussi par celle du regard?


Ces textes, je les trouve beaux, purs, devant l'agression "visuellement sexuelle" dont notre société nous abreuve en permanence. Non, je ne joue pas la vierge effarouchée, je suis un homme et crûment je l'avoue sans aucune pudeur, le sexe provoque nos pensées en permanence. l'homme est malheureusement beaucoup plus victime de cette faiblesse, mais c'est en train d'évoluer... Amusez vous à regarder autour de vous, innocemment, sans aller à la rencontre volontaire d'images sexuelles, elles s'imposent par les pubs, les films, les émissions musicales durant lesquelles les danses sont des mimes d'actes sexuels, dans pratiquement toutes les pages des magasines et bien sur par la mode vestimentaire. Avouons le, le vêtement n'a d'autre but de nous rendre plus belles et beaux, plus séduisant donc, pour être vus, pour séduire. La femme est un bien de consommation, un moyen de manipulation, parfois encore, dans certains guerres, un objet de récompense militaire. Messieurs, attention, celles ci revendiquent les mêmes droits depuis quelques années... et leurs regards sont de plus en plus attirés par des images de beaux Apollons s'affichant sur les murs de nos cités en dessous sexy (ce mot, invention de la fin du XX ème siècle, indique souverainement l'évolution de nos mentalités) ou sur des calendriers "sportifs".... Et je reste dans le soft, préservant ainsi, vos chastes imaginations, de ce que je tais....

Qu'une femme désirant se soustraire volontairement, en son âme et conscience (et j'insiste sur ce fait) au rôle que la société de consommation veut lui donner, à tout a fait le droit de se vêtir avec discrétion, couvrir ses cheveux et sa poitrine comme le recommande le Coran, cela est louable. Mais cette discrétion vestimentaire peut être pratiquée sans être musulmane. Jusqu'au années 80/ 90 certaines dames, catholiques ou protestantes pénétraient dans leurs églises les cheveux enveloppés d'une "voilette". Il faut toute fois reconnaitre que de nos jours, la coiffure n'éveille guére de pensées érotiques, comme le furent même les chevilles au moyen âge, vous nous offrez mesdames, tant d'autres richesses....
Je vais vous faire sourire : il y a quelques mois je me suis rendu, pour des obsèques, dans une église, alors que le curé nous parlait de l'âme du défunt, une superbe créature, qui ne m'apparut pas vêtue comme un ange, passa devant moi en sortant. Plusieurs regards, dont le mien (mea culpa) précédèrent quelques pensées que je ne révélerai pas...mais aucun souvenir de sa coiffure!

Pourtant la limite de la pudeur reste un problème. A l'époque antique où la majorité des femmes et des filles à marier de bonne famille, ne sortaient que voilées, les mariages se faisaient par arrangement parental. Que la belle fûsse belle, que le fiancé fûsse séduisant n'entrait pas en ligne de compte. Toute l'antiquité étant misogyne, la femme n'était qu'un outil entre les mains de l'homme âprement marchandée parfois. Mais de nos jours, en France, chacun peut choisir librement celui ou celle "qui trouve grâce à nos yeux" ( merci la révolution Française) et pour cela il faut bien les avoir ouvert sur quelque chose de visible est d'appréciable... Des yeux, un beau visage, des cheveux, un corps harmonieux....Nous avons, nous humains, des attributs sexuels (appelons un chat un chat) destinés à nous attirer, comme le dernier animal sauvage de la jungle....et même des odeurs...
Alors? Et bien une femme voilant intégralement son corps, ne pourras en aucun cas séduire un prétendant (peut être un aveugle?) et sera bien obligé de suivre la coutume régressive, pratiqué chez les Talibans, des mariages imposés au mépris de leur dignité et de leur liberté d'adulte.
Ne me citez pas ces cas extrêmement condamnables, hélas, encore en vigueur dans notre pays, de mariages "arrangés" sinon forcés, pratiqués par certaines familles Musulmanes. Pour parler franc, ces gens là, et je me battrais pour le soutenir, nous offrent une fausse image de L'Islam tout autant que le fait le Jihad armé. Ce vêtement,la Burka, il faut le dire, n'a rien de l'Islam originel, il n'apparut au Caucase que vers le XVIII ème siècle.


Donc, dans notre société où la jeune fille choisi son compagnon suivant ses goûts propres, il est tout à fait légitime que celles qui le souhaitent, utilisent sans culpabilité leurs charmes, et qu'une jeune musulmane dégage sa coiffure afin de plaire à un prétendant est tout à fait dans la logique de notre société sans être une offense à la pudeur recommandée par le Coran. Le voile peut être, pour une jeune musulmane, en toute bonne conscience, retenu comme lié à des coutumes antiques, à un temps ou toute rencontre homme-femme étaient affaires de familles et non de personnes libres. D'autant plus que de nos jours les attirances sexuelles sont plutôt transmises par le dénudement de la poitrine ou des cuisses, le moulage des fesses dans des pantalons serrés, que par une chevelure libre. Ainsi ai je remarqué, devant le lycée que fréquente ma fille, une jeune élève, le foulard sur la tête, attirant les regards de ses camarades mâles par le déhanchement sexy de son arrière train dans son jean bien moulant, sa coiffure "pudique" islamiquement légale, ne la protégeant guère de la concupiscence de leurs yeux. Pour une musulmane Française, couvrir sa chevelure ne représente donc plus, dans notre culture actuelle, une attitude pudique. Les musulmanes agées l'ont parfaitement compris et si elles persistent à couvrir leur tête ce n'est certes pas pour se protéger des males convoitises... Il y a la loi (coranique) et l'esprit de la loi.

Venons en à présent à l'aspect politico-social du problème.
Un gouvernement a t-il le droit de s'opposer, pour reprendre les termes de la loi, au port ostentatoire d'un objet religieux symbolique tel le voile islamique, la kippa juive, la robe du prêtre, l' habit de nonne avec sa cornette, les insignes Gothiques etc. Il est évident que chacun se vêt comme il l'entend sur la voie publique tant qu'il n'offense pas les bonnes moeurs...Mais cela évolue bien sur. Ainsi un short très court, une mini jupe sur des cuissardes et un large décolleté peuvent indiquer l'appartenance à la "caste" des femmes disponibles sexuellement, en tout cas désirant attirer les regards masculins, ou même l'activité professionnelle de celles ci...rien avoir avec des cheveux.
Ces tenues serait d'autant plus choquante dans une église, une école ou autre lieu public, alors que, comme nous le remarquons plus haut, elle sont exposées sur des panneaux publicitaires, dans nos rues, près des écoles, sur nos écrans, sur la plage et dans nos journaux.
Cela serait-il plus choquant, pour nos bonnes moeurs, de voir sur des affiches publicitaires des jeunes filles décemment vêtues, mais coiffées d'un foulard islamique, une préposée à la poste ou une animatrice de nos petits écrans ainsi pudiquement couverte? Certains le penseront j'en suis sur.
Pouvons nous honnêtement voir là une atteinte aux bonnes moeurs?
Une religieuse en habit perturbe t-elle lorsqu'elle pénètre dans une administration?

Mais la loi à trait à la tenue vestimentaire, non sur la voie publique, mais au sein des établissements scolaires. Ceux ci se veulent indépendants de toute influence ou propagande politique, religieuse ou communautariste car le voile, en plus d'un acte de pudeur, se veut l'affirmation d'appartenance à une communauté comme certains musulman l'affirment. Que faudrait-il penser si des jeunes communiants venaient en classe avec leur aube, d'autres portant une croix gammée en brassard, ou une tête de mort tatouée sur le front ou le symbole d'une quelconque orientation sexuelle?
L'école ne peut être le terrain de quelque prosélytisme que ce soit, et c'est dans ce sens que la loi doit être acceptée sinon comprise. Les élèves ne doivent pas être des vitrines à leur insu de propagande religieuse politique ou communautaire. Il en est ainsi dans nos écoles laïques entretenues par les impôts de la majorités des citoyens et il faut percevoir dans cette neutralité d'influence un privilège considérable et non un mépris discriminatoire envers une quelconque minorité comme cela nous fut présenté.

Un autre principe peut également être invoqué sur le sujet. Il nous vient avec pertinence d'une figure du monde musulman.
Peu avant sa mort le roi du Maroc Mohamed V baptisé "le juste parmi les nations" a demandé à sa fille de quitter son voile islamique afin de montrer à son peuple que la femme était identique à l'homme et libérée de la tutelle religieuse misogyne (toutes les religions issues d'Abraham le sont dans leur essence culturelle). Le geste fort de ce monarque rappelle combien le port du voile peut être rattaché, dans l'esprit des musulmans à la soumissions des femmes aux chefs de familles mâles (et non à Dieu puisque les homme n'en portent pas). Les pères et les maris disposaient, jadis, de la gente féminine au grés de leurs orientations matrimoniales polygames. Ce souverain éclairé voulut les affranchir de cet archaïsme millénaire déjà mentionné par les lois assyriennes attribuées au roi Téglat-Phalazar 1er, 1600 ans avant le prophète Mahomet.
Mais l'intégrisme religieux revient depuis dans le pays, prohibant tout autre liberté de choix que celui des hommes...très pieux. Ceux ci exercent une pression morale, sociale et spirituelle suffisamment forte pour que la pratique vestimentaire patriarcale soit à nouveau vivement recommandée.

Ainsi donc, si la tenue vestimentaire peut véhiculer (sans le dire ouvertement) un état d'esprit partisan revendicatif ou un signe d'aliénation feminine n'ayant rien avoir avec une pudeur religieuse il était impératif que les députés, que nous avons élus à la majorité, représentent notre pensée majoritaire sur le sujet. L'école doit émanciper les jeunes filles à un âge où l'intéret communautariste politique des adultes peut être insidieusement puissant face à leur tendre et pieuse innocence. Une fois devenues adultes leur choix sera celui de leur maturité libre si liberté il y a, dans leur milieu. C'est ainsi qu'il faut entendre ces lois protectrices de la démocratie qui accordent aux étudiantes universitaires le port du voile, alors qu'elle le refusent aux adolescentes dans ses écoles. S'y opposer, c'est nier le droit à la liberté aux enfants de la république généreuse et respectueuse. Sans tomber dans le formatage humain il est un sage équilibre à respecter face au communautarisme. Le passé nous à tristement démontré qu'il peut vite conduire à la "ghettoisation" religieuse, économique, politique, vestimentaire, sociale, scolaire, raciale, jusqu'à devenir "victimisante"...
Chacun peut penser, se vêtir, parler librement dans notre beau pays et nous devons tout cela à notre état républicain que bien d'autres peuples revendiquent avec espoir. La laïcité est la seule force institutionnelle qui offre autant de tolérance envers le fait religieux; Ne mordons pas la main qui permet aux croyants de tout bord de s'épanouir en toute liberté. Ne nous voilons pas la face, cela n'est pas le cas partout.....mettre les voiles peut être parfois signe de recul.


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